L’assemblage de l'A220 en Alabama profitera au Québec, insiste Airbus

Airbus agrandira ses installations de Mobile en Alabama pour permettre l’assemblage des appareils A220. L’entreprise procédera mercredi à la première pelletée de terre pour la nouvelle chaîne de montage.
Photo: Nicholas Kamm Agence France-Presse Airbus agrandira ses installations de Mobile en Alabama pour permettre l’assemblage des appareils A220. L’entreprise procédera mercredi à la première pelletée de terre pour la nouvelle chaîne de montage.

Les fournisseurs québécois qui produisent des pièces pour l’A220 toucheront des revenus d’environ 400 millions par mois lorsque les chaînes de montage de Mirabel et de l’Alabama atteindront leur pleine vitesse de croisière, estime Airbus.

La chaîne d’approvisionnement des appareils, renommés A220 après la cession du programme C Series, comprend une trentaine de fournisseurs québécois de « niveau 1 », indique le géant européen dans des documents distribués aux médias mardi.

Airbus, qui procédera mercredi à la première pelletée de terre pour la nouvelle chaîne de montage à Mobile en Alabama, a signalé que chaque avion contient des pièces québécoises dont le coût « est supérieur à 2,6 millions ».

« Lorsque les usines de Mirabel et Mobile produiront à plein rendement (Mirabel à 10 A220 par mois, Mobile à 4 A220 par mois) », les revenus des fournisseurs du Québec atteindront 300 millions $US (400 millions de dollars canadiens), a indiqué l’entreprise.

Il est bien connu que les activités de Bombardier alimentent toute une constellation de sociétés du secteur aérospatial. De manière générale, ce dernier est en croissance et vit même une pénurie de main-d’oeuvre qui force parfois des entreprises à refuser des contrats.

L’entente entre Airbus et Bombardier au sujet du transfert du programme C Series a été annoncée à l’automne 2017 en vue d’une prise en charge officielle en juillet 2018.

Or même avant la date du transfert, les dirigeants d’Airbus ne cachaient pas leur intention d’entamer un dialogue avec les fournisseurs de Bombardier afin de trouver des façons de réduire les coûts du programme. Les A220 en circulation ont pour l’instant tous été assemblés à Mirabel.

480
C’est le nombre d’appareils A220 qui figurent présentement sur le carnet de commandes d’Airbus.

Parmi les grands fournisseurs des appareils A220 figurent Bombardier (postes de pilotage produits à Montréal, tout comme la partie arrière du fuselage) et Pratt Whitney (motorisation à Longueuil). Ils comprennent aussi des sociétés comme Lisi Aéronautique et Avianor, lesquelles doivent s’approvisionner auprès d’une deuxième ligne d’entreprises. Tout en souhaitant mieux contrôler les coûts du programme, Airbus affirme depuis des mois que les fournisseurs y trouveront leur compte en raison d’une augmentation du rythme de production des nouveaux appareils monocouloir. Le carnet de commandes est présentement de 480 appareils A220.

Participation de Mirabel

Par ailleurs, une quarantaine d’employés de Mirabel, où travaillent 2200 personnes, prennent part aux travaux portant sur l’ajout d’une ligne d’Airbus à Mobile pour y assembler des A220, a indiqué l’entreprise. La compagnie y produit déjà des appareils A320.

Selon la société européenne, la nouvelle usine d’assemblage sera « plus petite et complémentaire » à celle de Mirabel, où sont également assemblés les avions régionaux CRJ. L’idée de construire une chaîne de montage aux États-Unis pour les clients américains est apparue au moment où Washington avait Bombardier dans sa mire à cause d’une plainte de Boeing à propos de concurrence déloyale.

Divers médias locaux ont rapporté au cours des derniers jours que la Mobile County Commission vient d’approuver un appui financier de 4 millions $US, versé sur dix ans. Cet appui est conditionnel à ce que le complexe fasse l’objet d’un investissement de 210 millions et que 432 nouveaux employés soient embauchés. « Airbus est un chef de file industriel majeur à Mobile County », a dit la présidente de la Commission, Connie Hudson. « La vision de l’entreprise et son travail avec nos dirigeants locaux se sont traduits par un immense succès. Nous saluons leur expansion et leur contribution continue à la région. » De son côté, la municipalité doit elle aussi se prononcer sur une enveloppe financière.

Chez Bombardier, qui a frôlé la faillite en 2015 avant que les gouvernements lui lancent une bouée, les efforts sont maintenant concentrés sur les avions d’affaires et le matériel roulant. Les avions régionaux CRJ sont tout ce qu’il reste de la division des avions commerciaux de la société, car le programme des appareils Q400 doit être vendu à une compagnie de la Colombie-Britannique, Viking Air.