Airbus pourrait assembler des avions de chasse au Québec

Un événement était organisé par la multinationale lundi à Mirabel, où s’effectue l’assemblage des appareils A220, nés de la C Series de Bombardier.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Un événement était organisé par la multinationale lundi à Mirabel, où s’effectue l’assemblage des appareils A220, nés de la C Series de Bombardier.

Airbus n’écarte pas la possibilité que le Québec puisse accueillir une chaîne de fabrication d’avions de chasse ainsi qu’une usine destinée à la construction de satellites si le géant européen parvient à décrocher de nouveaux contrats au Canada.

Ces scénarios ont été évoqués par le président des activités canadiennes d’Airbus, Simon Jacques, lundi, dans le cadre d’un événement organisé par la multinationale à Mirabel, où s’effectue l’assemblage des appareils A220, nés de la C Series de Bombardier.

Airbus convoite entre autres l’appel d’offres du gouvernement canadien — qui devrait être lancé avant le début de la prochaine campagne électorale — pour l’achat de 88 avions de chasse visant à remplacer ses CF-18 vieillissants. Airbus propose l’Eurofighter Typhoon. « Absolument, a répondu M. Jacques lorsqu’il lui a été demandé si la chaîne de fabrication pourrait se trouver au Québec. Nous évaluons nos options. »

En plus d’Airbus, Boeing, Lockheed Martin et Saab ont été retenues par le gouvernement canadien.

La construction d’une nouvelle chaîne de fabrication ne serait pas un casse-tête logistique vu qu’il y a de l’espace de disponible à Mirabel, a expliqué M. Jacques. Étant donné que l’appel d’offres devrait imposer du contenu local, le dirigeant d’Airbus au Canada a dit vouloir proposer une « solution canadienne ».

L’actionnaire majoritaire du A220 a décroché son premier contrat d’envergure en 2016 avec Ottawa, qui lui a commandé 16 avions de recherche et de sauvetage, une entente de 2,4 milliards, en plus de 2,3 milliards en entretien et service après-vente pour 20 ans. Le premier de ces appareils doit être livré d’ici la fin de l’année.

Parallèlement au dossier des avions de combat, le dirigeant d’Airbus a indiqué que l’entreprise pourrait se tourner vers le Québec pour la construction de satellites si sa proposition est retenue par Télésat Canada. L’exploitant de satellites de télécommunication avait sollicité des offres à Airbus et Thales dans le cadre d’un projet entourant le lancement en orbite « d’entre 300 et 500 satellites », selon M. Jacques, dans un projet entourant l’accès à Internet. « Cela viendrait changer la donne au Québec », a-t-il lancé, en évoquant au passage la création de quelque 200 nouveaux emplois.

Des économies pour l’A220

Alors qu’Airbus continue d’accroître son empreinte à Mirabel, l’avionneur a réitéré l’un de ses principaux objectifs. La réduction des coûts de production pour chaque A220 qui sort de sa chaîne de fabrication doit être largement supérieure à 10 %. Une importante partie de ces réductions proviendront de la chaîne d’approvisionnement du programme A220, puisque le géant européen serre la vis aux fournisseurs en négociant avec ces derniers pour obtenir des baisses de prix.

Parallèlement, l’amélioration de la productivité dans le cadre de l’accélération de la cadence de production devrait également faire baisser les coûts, a expliqué le directeur du programme, Philippe Balducchi. L’an dernier, 33 appareils A220 ont été livrés — 13 par Bombardier et 20 par Airbus. Aucune cible n’a été dévoilée en ce qui a trait à 2019.

La tournée nord-américaine organisée par le géant européen se terminera mercredi à Mobile, en Alabama, alors qu’on devrait procéder au lancement des travaux de la chaîne de fabrication américaine destinée au A220.