Un rendement malgré tout positif au Fonds FTQ

La meilleure performance du Fonds est essentiellement attribuable à ses investissements privés dans des compagnies québécoises.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La meilleure performance du Fonds est essentiellement attribuable à ses investissements privés dans des compagnies québécoises.

Le Fonds de solidarité FTQ s’en est généralement mieux tiré que les investisseurs sur les marchés boursiers au cours des derniers mois et entrevoit la suite des choses de façon plutôt positive pour l’économie québécoise et ses actionnaires.

Le rendement à l’actionnaire du Fonds s’est élevé à 2,2 % pour les six premiers mois de son exercice 2018-2019, qui se sont achevés le 30 novembre dernier, a révélé vendredi le fonds de travailleurs, ce qui marquait un recul par rapport au rendement de 3,6 % enregistré durant le semestre précédent. On arrive ainsi à un rendement sur 12 mois de 5,8 %, contre 8,9 % à pareille date l’an dernier, à une valeur de l’action qui est passée de 39,32 $ à 41,61 $ depuis janvier 2018 et à un actif net qui s’élève désormais à 14,8 milliards.

« On est très fiers de ces résultats. Surtout en cette période de grandes turbulences », a assuré en entretien téléphonique au Devoir le président et chef de la direction du Fonds, Gaétan Morin, faisant référence à la déconfiture des marchés boursiers en fin d’année. Disant ne pas aimer se comparer aux fonds communs de placement qui n’ont pas la même mission de financement des PME et de développement économique au Québec, il ne manque toutefois pas de souligner quand même que les fonds équilibrés canadiens ont essuyé des rendements négatifs de 1,7 % pour les douze mêmes mois et de 1,4 % lors du dernier semestre seulement.

On est très fiers de ces résultats. Surtout en cette période de grandes turbulences.

Cette meilleure performance du Fonds est essentiellement attribuable à ses investissements privés dans des compagnies québécoises, son portefeuille de titres privés ayant généré un impressionnant rendement de 8,2 % au dernier semestre contre des pertes de 9,1 % pour les actions de PME inscrites en Bourse et un recul de 0,5 % pour les simples placements en actions.

« C’est le reflet d’une économie qui se porte fondamentalement bien », estime Gaétan Morin. En dépit de l’escalade des tensions commerciales sur la scène mondiale, de la remontée des taux d’intérêt des banques centrales, des signes de ralentissement économique dans plusieurs pays, notamment des économies émergentes, et de la volatilité grandissante des marchés boursiers, « les économies québécoise, canadienne, américaine… vont relativement bien », martèle le p.-d.g. du Fonds.

Beau temps, mauvais temps

Ce qui ne veut pas dire que la guerre des tarifs douaniers ne fait pas mal, par exemple au fabricant québécois de remorques et de citernes Tremcar, qui a soudainement vu le prix de son acier inoxydable augmenter du jour au lendemain.

Ce qui ne veut pas dire non plus que les entreprises québécoises ne subissent pas aussi de plus en plus durement le problème de rareté de main-d’oeuvre, poursuit Gaétan Morin. « On le sent surtout depuis un an, particulièrement en région. Auparavant, chaque région se disait aux prises avec quatre ou cinq problèmes qui étaient souvent différents. Aujourd’hui, la question de pénurie de main-d’oeuvre revient tout le temps, partout. »

Rien n’indique toutefois qu’un ralentissement économique marqué ou même une récession soit à nos portes. Cela finira toutefois probablement fatalement par arriver. Mais même là, le Fonds de solidarité devrait parvenir à bien s’en tirer. « C’est dans ces périodes-là que le Fonds se distingue davantage. […] Notre record d’investissements de 1,3 milliard en un an, c’est en 2009 qu’on l’a réalisé, soit au pire moment de la dernière crise économique. »

Le Fonds a encore une fois fixé une limite à son émission de nouvelles actions cette année. De 875 millions, cette limite est plus élevée que celle de l’an dernier (833 millions) et devrait aussi, croit-on au Fonds, être atteinte plus vite que l’an dernier, soit avant le 15 février. Comme chaque fois, cette limite ne concernera pas les épargnants ayant recours aux différentes formes de retenue à la source.