Airbus annonce la vente de 120 appareils de l’ancienne C Series

Le carnet de commandes de A220 s'élève à plus de 500 appareils.
Photo: Frederic Scheiber Archives Associated Press Le carnet de commandes de A220 s'élève à plus de 500 appareils.

L’avionneur européen Airbus a annoncé jeudi la conclusion de deux contrats de vente de 60 avions chacun de sa nouvelle famille d’appareils A220, anciennement connue sous l’appellation C Series du constructeur montréalais Bombardier.

D’une valeur de 11 milliards $US au prix du catalogue, les deux contrats totalisant 120 appareils ont été signés à la fin du mois de décembre avec deux compagnies américaines, JetBlue et Moxy. Les avions seront construits aux États-Unis dans la nouvelle extension de l’usine d’Airbus à Mobile en Alabama.

Ces premières ventes conclues par la compagnie européenne depuis qu’elle a pris le contrôle du programme d’appareils avaient fait l’objet de deux protocoles d’accord en juillet. Dans les deux cas, les clients américains ont choisi la version la plus grande des appareils de 100 à 150 sièges, l’A220-300. La flotte de JetBlue comptait déjà 193 Airbus A320, un peu plus gros, et en attend 85 autres. Moxy est un nouveau transporteur au rabais qui doit voir le jour en 2021.

Cela porte le carnet de commandes pour l’Airbus A220 à plus de 500 appareils. Le marché de ce type d’avions régionaux est estimé à 7000 appareils pour les vingt ans à venir, selon Airbus, qui espère vendre « au moins 3000 » A220 dans ce laps de temps.

« C’est la concrétisation d’un double bon choix stratégique pour Airbus, celui d’avoir développé une chaîne de montage à Mobile aux États-Unis et d’être allé sur le bon programme », a commenté sous couvert d’anonymat un expert contacté par l’AFP.

Les A220-300 commandés par JetBlue et Moxy seront en effet construits dans la nouvelle usine Airbus de Mobile en Alabama (États-Unis), où l’avionneur a installé une chaîne de montage final (FAL) pour sa famille A320. La production doit débuter à la fin du mois de janvier, selon l’avionneur européen.

« C’est un vrai coup de boost » pour le programme A220 qui « conforte le choix [de l’avionneur] de diversifier » son offre avec cet appareil conçu pour assurer des liaisons régionales, selon la même source.

À elles seules, ces deux commandes représentent 30 % de la totalité du carnet d’ordres pour ce programme (qui comptait 402 commandes de la part de 19 clients avant son absorption par Airbus).

Airbus et Bombardier avaient annoncé leur rapprochement spectaculaire en octobre 2017, permettant au programme C Series, en difficulté, de s’appuyer sur la force commerciale d’Airbus dans le monde pour décoller commercialement.

Grosse année

Annoncée à la fin de 2017 au moment où les finances de Bombardier étaient au plus mal, que les ventes de la C Series étaient en panne et que le programme faisait face à des poursuites commerciales du concurrent américain Boeing, la cession à Airbus de 50 % plus une des actions du programme C Series a été complétée l’an dernier. La compagnie Bombardier a conservé 33,55 % contre 16,44 % pour Investissement Québec. Rebaptisé depuis A220 pour s’inscrire dans la lignée des autres familles d’appareils d’Airbus, le programme est destiné à rester principalement à Montréal tout en offrant l’option, pour contourner le protectionnisme aux États-Unis, d’un montage final à l’usine d’Airbus en Alabama pour les contrats avec des compagnies aériennes américaines.

Bombardier aéronautique n’a pas fait que céder le contrôle de la C Series à Airbus en 2018. La cure d’amaigrissement s’est poursuivie en novembre à la suite d’une autre restructuration qui se traduit par l’élimination de 5000 postes, dont 2500 au Québec. L’entreprise a aussi vendu son programme d’avions turbopropulsés Q400 à Viking Air pour environ 300 millions $US ainsi que ses activités de formation de techniciens et de pilotes pour ses avions d’affaires à CAE pour près de 645 millions.

La multinationale québécoise évalue aujourd’hui les options stratégiques des CRJ, ses jets régionaux pouvant transporter jusqu’à 90 passagers et qui sont assemblés par près de 1000 travailleurs à Mirabel, dans les Laurentides.

Avec l'Agence France-Presse et La Presse canadienne