Les Bourses retrouvent leurs montagnes russes

Indicateur de référence à Wall Street, le S&P 500 a dégringolé de 14% depuis la fin du mois de septembre.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Indicateur de référence à Wall Street, le S&P 500 a dégringolé de 14% depuis la fin du mois de septembre.

Incertains et inquiets quant à l’état de l’économie mondiale, les marchés boursiers ont commencé l’année comme ils avaient terminé 2018, en montagne russe.

Les principales places financières ont eu une rentrée agitée, mercredi, qui s’est mieux terminée en Amérique du Nord qu’en Europe ou en Asie. La publication, en lever de rideau, de statistiques indiquant un recul de la production manufacturière en Chine à la fin de l’année dernière, le premier du genre en dix-huit mois, a partout été vue comme un autre signe du ralentissement non seulement du marché intérieur la deuxième puissance économique, mais aussi de la demande mondiale, ce qui a fait piquer du nez les titres de grandes compagnies exportatrices comme Microsoft et Boeing. Le dévoilement, plus tard dans la journée, d’autres données attribuant, celles-là, une hausse de 2 % des prix du pétrole à une réduction volontaire de la production de l’Arabie saoudite afin d’aider à maintenir les cours de l’or noir a été, au contraire, reçu comme une bonne nouvelle, notamment au Canada.

Les premières à ouvrir et fermer mercredi, les Bourses asiatiques ont perdu ainsi plus de 1 % en Chine, 0,3 % au Japon et presque 3 % à Hong-Kong. Plus dispersées, les places financières européennes ont lâché presque 1 % à Paris, grignoté 0,2 % à Francfort et clôturé près de l’équilibre à Londres (+ 0,1 %), pour un indicateur composite européen (Eurotoxx 50) en retrait de 0,3 %. À Wall Street, le S&P 500 a perdu d’entrée de jeu 1 % par rapport à la clôture de la veille, avant de regagner le terrain perdu, reculer de nouveau, et finalement boucler la journée en légère hausse (+ 0,13 % à 2510,03 points). La Bourse de Toronto a sensiblement suivi la même trajectoire, bouclant, elle aussi, la journée avec un modeste gain (+ 0,17 % à 14 347,16 points) attribuable au secteur de l’énergie.

Contexte tendu

Les nouvelles statistiques chinoises sont arrivées « dans un contexte déjà tendu en matière macroéconomique », a observé Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale d’Oddo BHF Securities. Les marchés sont toujours, en effet, aux prises avec « mêmes problèmes, à savoir les relations compliquées entre la Chine et les États-Unis, le Brexit et une faiblesse économique assez latente dans certains pays », a-t-il poursuivi, et tant qu’il n’y aura pas plus de visibilité, cela continuera à peser.

Les marchés avaient aussi à l’oeil, mercredi, les avancées sur le front politique, alors que la fermeture partielle des administrations américaines, le « shutdown », perturbe le pays depuis le 22 décembre sur fond de désaccords sur le financement d’un mur à la frontière mexicaine, a souligné Peter Cardillo de Spartan Capital. Le président des États-Unis, Donald Trump, n’a rien fait pour les rassurer en se montrant de nouveau inflexible sur ce mur, assurant que le blocage budgétaire pourrait durer. Il a également affirmé que le plongeon des indices boursiers en fin d’année dernière était dû à un « dysfonctionnement » et que Wall Street se porterait beaucoup mieux dès qu’un accord commercial serait signé avec la Chine.

Longtemps présentés, par le président américain, comme le reflet de sa bonne gestion des affaires économiques du pays, les marchés boursiers américains ont été soumis à rudes épreuves en fin d’année. Indicateur de référence à Wall Street, le S&P 500 a dégringolé de 14 % depuis la fin du mois de septembre, effaçant non seulement tous les gains réalisés durant 2018, mais menant à un recul de 6 % sur l’ensemble de l’année, la première perte du genre en dix ans.

Avec l'Agence France-Presse