La hausse des exportations fait bondir l'excédent commercial

L'excédent commercial du pays a atteint en mars son plus haut niveau en trois ans, d'après Statistique Canada, en raison d'une croissance des exportations presque deux fois plus rapide que celle des importations.

Les exportations de marchandises à l'étranger se sont chiffrées à près de 34,9 milliards, en hausse de 1,7 %. Par ailleurs, les importations se sont accrues de 0,9 % pour se situer à 28,7 milliards, soit le plus haut niveau atteint depuis un an. Par conséquent, l'excédent commercial a dépassé 6,2 milliards pour atteindre son plus haut niveau depuis mai 2001.

La hausse des exportations en mars est survenue à la suite d'un rebondissement de 7,5 % enregistré en février. Il s'agit des premières augmentations mensuelles consécutives depuis janvier 2003. Le commerce des produits de l'automobile a donné le ton à cette hausse en affichant une certaine constance en mars, ce qui a permis d'atténuer une partie de l'instabilité récente du marché.

Les exportations vers les États-Unis ont crû de 0,9 % pour se fixer à 28,1 milliards, soit leur plus haut niveau depuis mars 2003. Les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 1,2 % et l'excédent commercial vis-à-vis de ce pays est demeuré stable, se chiffrant à juste un peu plus de 8,1 milliards.

Record aux États-Unis

Aux États-Unis, la flambée des prix du pétrole et l'appétit de consommation des Américains à l'heure de la reprise ont creusé le déficit commercial au niveau record de 46 milliards $US en mars. Mais les analystes soulignent que la dégradation masque une activité commerciale très dynamique, avec des niveaux records d'importations et d'exportations dans de nombreuses catégories. «De toute évidence, la vigueur de l'économie américaine se reflète dans la forte hausse des importations», a estimé Sal Guatieri, du groupe financier BMO.

Alors que l'économie a renoué avec une croissance robuste (+4,2 % au premier trimestre en rythme annuel), les importations ont bondi de 4,6 %, à 140,7 milliards, les Américains achetant toujours plus de télévisions, de vêtements et d'automobiles à l'extérieur. «Les baisses d'impôts, les taux d'intérêt bas et l'amélioration du marché du travail ont soutenu la demande de produits étrangers», a estimé Sung Won Sohn, de la banque Wells Fargo.

La bonne nouvelle pour les Américains est que le reste du monde semble lui aussi décidé à consommer plus. Les exportations ont augmenté de 2,6 %, à 94,7 milliards, en mars, surtout dans les catégories des biens de consommation, des fournitures industrielles et des automobiles. «Par chance, la hausse de la demande mondiale et la faiblesse du dollar empêchent le déficit de s'aggraver davantage», a souligné M. Sohn.

Les États-Unis semblent cependant bien partis pour battre leur record de l'an dernier, marqué par un déficit proche de 490 milliards. Depuis le début de l'année, le déficit a atteint 131,5 milliards contre 121,5 milliards sur la même période de 2003.