Responsabilité sociale - Gap décerne un zéro à une partie de ses fournisseurs

Les sourires abondent dans les vitrines du magasin Gap du centre-ville de Montréal. Dans les ateliers de ses fournisseurs, la situation n’est toutefois pas aussi rose. Le géant américain de la confection a reconnu que nombre de ses 3000 fournisseurs
Photo: Jacques Nadeau Les sourires abondent dans les vitrines du magasin Gap du centre-ville de Montréal. Dans les ateliers de ses fournisseurs, la situation n’est toutefois pas aussi rose. Le géant américain de la confection a reconnu que nombre de ses 3000 fournisseurs

Washington — Le géant américain de la confection Gap a reconnu que nombre de ses 3000 fournisseurs en Afrique, en Amérique latine et en Asie offraient des conditions de travail déplorables en rendant public hier son premier rapport de «responsabilité sociale».

Selon cette étude, certaines des usines visées recourent contre leurs employés à des punitions corporelles, mesures coercitives et agressions verbales. Elles n'hésitent pas non plus à recourir au travail des enfants, à violer le droit du travail local et à ignorer les règles de sécurité et d'hygiène.

À la suite de cet examen, Gap a décidé de cesser de s'approvisionner auprès de 136 entreprises préalablement agréées, et en a écarté une centaine d'autres, sur 653 nouveaux possibles fournisseurs évalués en 2003.

Selon le rapport, «peu d'entreprises, voire aucune, ne parviennent à respecter les normes voulues en permanence. Si c'était le cas, nous n'aurions pas besoin d'établir un code [de responsabilité sociale] et de consacrer des ressources importantes en contrôles. Quand nous constatons des problèmes, nous oeuvrons avec les dirigeants de l'usine pour essayer de les régler le plus rapidement possible. Mais nous ne gardons nos fournisseurs qu'aussi longtemps que nous pensons qu'ils cherchent des améliorations».

Normes fondamentales

Gap affirme dans ce rapport être particulièrement attentif aux normes fondamentales, telles que l'interdiction du travail forcé ou du travail des enfants, et suivre aussi de près les violations des normes de sécurité ou d'hygiène.

Selon le rapport, en Chine où Gap s'approvisionne auprès de 241 entreprises, 11 seulement, sont considérées comme offrant des conditions de travail «excellentes», 71, de «bonnes conditions», 86, des conditions «acceptables», et 48, des conditions «nécessitant des améliorations».

Des entreprises sont également montrées du doigt au Lesotho, au Guatemala et au Salvador.

Les dirigeants de Gap ont indiqué que ce rapport entrait dans le cadre d'un effort pour améliorer les conditions sociales dans le secteur textile pour les rapprocher de ses propres normes.

«Nous pensons que les personnes employées dans l'industrie textile et dans d'autres secteurs industriels à travers le monde méritent mieux que le sort qui leur est malheureusement actuellement réservé» souligne dans le rapport le p.-d.g. de Gap, Paul Pressler.