Le mythique disquaire britannique HMV fait à nouveau faillite

HMV avait fait faillite une première fois en 2013, souffrant déjà des ventes en ligne.
Photo: Niklas Hallen Agence France-Presse HMV avait fait faillite une première fois en 2013, souffrant déjà des ventes en ligne.

Le célèbre disquaire britannique HMV va se déclarer en faillite pour la seconde fois en près de six ans, dernière victime en date d’une année noire pour le commerce physique au Royaume-Uni et faisant craindre pour l’avenir des 2000 emplois de la société.

Les mythiques magasins HMV, dernière chaîne spécialisée du pays et anciens propriétaires de la maison de disques des Beatles, sont à court d’argent. Ils ont annoncé leur intention de nommer le cabinet KPMG comme administrateur, selon un communiqué publié vendredi par son propriétaire, le fonds Hilco.

Ce dernier va avoir pour mission de trouver de potentiels repreneurs pour la marque qui possède 125 magasins au Royaume-Uni, lesquels resteront pour l’heure ouverts le temps que des discussions se tiennent avec les fournisseurs.

Doublé par les ventes en ligne

HMV évoque une chute de ses ventes de Noël, période clé pour les distributeurs, ainsi qu’une nouvelle détérioration du marché britannique du CD et du DVD qui se fait sentir depuis de nombreuses années.

« Même une société très bien gérée et reconnue comme HMV ne peut pas résister à la vague de défis auxquels font face les distributeurs britanniques depuis 12 mois en plus des changements spectaculaires dans les habitudes des consommateurs sur le marché du divertissement », explique Paul McGowan, directeur général de HMV et de Hilco.

Le dirigeant fait notamment référence au succès des plateformes de musique en ligne Spotify ou iTunes, ainsi qu’aux services de vidéo sur demande comme Netflix et Amazon Prime.

Au Royaume-Uni, le chiffre d’affaires de la musique en ligne a dépassé celui des ventes en magasin de CD et d’enregistrements pour la première fois en 2012.

Une deuxième faillite en cinq ans

HMV avait fait faillite une première fois en 2013, souffrant déjà des ventes en ligne, avant d’être racheté dans la foulée pour 50 millions de livres par le fonds d’investissement Hilco, spécialisé dans la restructuration d’entreprises en difficulté.

Ce même Hilco possède notamment la chaîne britannique de magasins de bricolage Homebase, qui a lancé une lourde restructuration avec la fermeture de 42 magasins et la possible suppression de 1500 emplois.

Le premier magasin HMV (His Master’s Voice, La Voix de son maître) a ouvert à Londres en 1921. Il appartenait à la Gramophone Company, qui l’a doté de son logo légendaire, le chien qui écoute un gramophone.

La société est entrée dans l’histoire de la musique en 1962 avec les Beatles qui ont signé à cette époque avec EMI, la maison de disques qui a appartenu à HMV jusqu’en 1996.

La marque est finalement une nouvelle fois contrainte à la faillite, n’ayant pas trouvé la solution pour se relancer malgré la maîtrise de ses dépenses opérationnelles.

Une année difficile pour le commerce britannique

« Les mauvaises conditions de marché à Noël ont fait leur première victime », remarque l’analyste Richard Lim, directeur général de Retail Economics, cité par la BBC.

Cette période de fêtes morose ne fait qu’enfoncer un peu plus un marché de la distribution physique déjà plombée par la concurrence d’internet, le coût des loyers, le poids de la taxe foncière ou encore la déprime des consommateurs en raison du flou entourant le Brexit.

La confiance des consommateurs britanniques est tombée au plus bas depuis cinq ans en décembre, selon une étude publiée récemment par l’institut d’analyses économiques GfK.

Au total, près de 150 000 emplois ont été supprimés dans la distribution au Royaume-Uni en 2018, selon des calculs de l’agence Press Association (PA).

Parmi les faillites emblématiques de l’année, figurent le spécialiste des vêtements Calvetron, la branche britannique des magasins de jouets Toys “R” Us, des boutiques de produits électroniques Maplin ou encore des magasins de maxidiscompte Poundworld.

Les grands magasins ont également souffert avec la faillite d’House of Fraser, finalement racheté par l’enseigne Sport Direct, alors que Marks and Spencer et Debenhams ont annoncé des fermetures d’établissements.