Les Canadiens inquiets de leur dette

Les Canadiens se disent inquiets du coût de la vie, de la faiblesse du dollar canadien et de la hausse des taux d’intérêt.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Les Canadiens se disent inquiets du coût de la vie, de la faiblesse du dollar canadien et de la hausse des taux d’intérêt.

Malgré un endettement toujours en hausse, les Canadiens n’en continuent pas moins de placer le remboursement de leurs dettes au premier rang de leurs priorités.

Selon les conclusions d’un sondage réalisé par la Banque CIBC, les Canadiens se disent inquiets du coût de la vie, de la faiblesse du dollar canadien et de la hausse des taux d’intérêt. Ils croient également que la volatilité parfois extrême des cours boursiers témoigne de l’atteinte d’un sommet en Bourse. Ils restent donc nombreux à prioriser le remboursement de leur dette, même au prix d’une négligence de l’épargne.

« Le remboursement des dettes est la principale priorité financière des Canadiens à l’approche de 2019, cette priorité figurant en tête de liste dans le sondage annuel pour la neuvième année [de suite] », résume la CIBC. Ils sont pourtant 39 % à se dire préoccupés de négliger l’épargne pour trop mettre l’accent sur l’autre partie du bilan que constituent les dettes, mais 84 % des répondants estiment qu’il doit en être ainsi. D’autant que 63 % des répondants croient que le marché boursier a atteint son sommet.

« L’endettement peut être un outil utile pour réaliser des objectifs à long terme, comme l’acquisition d’une résidence ou le financement des études, mais si vous y recourez pour boucler les fins de mois, il est peut-être temps de planifier vos liquidités à la place », a précisé Jamie Golombek, directeur gestionnaire, Planification financière et conseils CIBC.

L’endettement peut être un outil utile pour réaliser des objectifs à long terme, comme l’acquisition d’une résidence ou le financement des études, mais si vous y recourez pour boucler les fins de mois, il est peut-être temps de planifier vos liquidités à la place

D’ailleurs, 29 % des répondants affirment avoir contracté de nouvelles dettes au cours des douze derniers mois dans le but de couvrir les dépenses quotidiennes. Et Statistique Canada indiquait le 14 décembre que le niveau d’endettement des ménages canadiens est remonté à 173,8 % du revenu disponible au trimestre clos le 30 septembre, soit au même niveau qu’il était à la fin de l’année dernière.

Plus représentatif encore, l’agence fédérale de statistiques ajoutait que les paiements de capital et d’intérêt sur l’ensemble de leurs dettes ont accaparé en moyenne 14,5 % du revenu disponible des ménages canadiens au troisième trimestre. La hausse se veut sensible par rapport au ratio de 14,1 % mesuré il y a un an, ce qui n’est pas étranger à la remontée du loyer de l’argent. Il se veut aussi le ratio le plus élevé depuis le milieu de l’année 2008, à la veille de la Grande Récession.

Environ la moitié de ces paiements (7,2 %) est allée aux seuls intérêts sur la dette, en hausse marquée par rapport à la même période l’an dernier (6,5 %) et la proportion la plus élevée en sept ans, a ajouté Statistique Canada.

Le sondage de la CIBC a été réalisé en ligne auprès de 1519 adultes canadiens choisis au hasard. Un échantillon aléatoire de cette taille comporte une marge d’erreur estimée de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.