Les Bourses terminent au vert après un démarrage engourdi

Le S&P 500 a gagné 0,9% à 2448,83, l’indice Dow Jones a grimpé de 1,1% à 23138,82 et le Nasdaq a pris 0,4% à 6288,30.
Photo: Richard Drew Associated Press Le S&P 500 a gagné 0,9% à 2448,83, l’indice Dow Jones a grimpé de 1,1% à 23138,82 et le Nasdaq a pris 0,4% à 6288,30.

Après la forte hausse de mercredi, le scénario d’un marché fondamentalement baissier à Wall Street a semblé repartir de plus belle jeudi matin, mais les nouvelles pertes observées en cours de séance ont disparu juste à temps pour la fermeture. Les grandes places boursières, dont celle de Toronto, de retour d’un congé férié, ont terminé au vert partout.

La séance ajoute un morceau au casse-tête des derniers jours, marqué par des déclarations mystérieuses émanant de la Maison-Blanche au sujet du sort du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, et de la santé financière des grandes banques.

La « vente de feu » du début de la semaine a brièvement relégué le S&P 500, plus large baromètre de l’état des Bourses nord-américaines, au statut de marché fondamentalement baissier. Le puissant rebond survenu mercredi, ce que les investisseurs n’avaient pas vu depuis près de 10 ans, a écarté ce scénario pour le moment.

Un marché fondamentalement baissier, ce que Wall Street appelle un « bear market », se distingue par un recul de 20 % d’un indice par rapport à son plus récent sommet. Ce type d’événement est survenu douze fois depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ces reculs vécus par les marchés américains ont généralement duré un peu plus d’un an.

Le S&P 500 a gagné 0,9 % à 2448,83, l’indice Dow Jones a grimpé de 1,1 % à 23138,82 et le Nasdaq a pris 0,4 % à 6288,30. Le S&P est en baisse de 8,5 % cette année, mais de 16 % depuis les sommets de la fin de l’été.

À Toronto, en congé les 25 et 26 décembre, le TSX a bondi de 2,8 % à 14165,21 points. Il est en baisse de 16 % en 2018.

« Sur le plan intérieur, la Réserve fédérale américaine a besoin d’être plus claire et de dire aux gens où elle s’en va. Elle n’a pas beaucoup d’aide de la Maison-Blanche à cet égard », a dit sur les ondes de CNBC Art Cashin, directeur des opérations d’UBS sur le plancher de la Bourse de New York, où il travaille depuis 50 ans. Les commentaires de Larry Kudlow, principal conseiller économique de Donald Trump, ne semblent pas cadrer avec ceux d’un autre conseiller, Kevin Hassett, ce qui cause une certaine nervosité dans les marchés, selon lui.

Le président américain a fortement critiqué le travail du président de la Fed au cours des derniers mois, même s’il l’a lui-même nommé à ce poste. M. Hassett a affirmé en début de semaine que le patron de la Fed conservera ses fonctions. Or M. Kudlow a formulé l’hypothèse d’une rencontre entre M. Powell et M. Trump. « La meilleure chose, ce serait que le président ait une conversation avec le président de la Fed », selon M. Kudlow, cité par le Wall Street Journal. « Pourquoi pas ? C’est souvent arrivé. »

Cumul des derniers temps

Entre la hausse des taux d’intérêt, la paralysie partielle du gouvernement à Washington, les tensions commerciales et le ralentissement de l’économie mondiale, les indices de Wall Street sont mis à rude épreuve depuis un certain temps. Ils ont encaissé la semaine dernière leur pire chute hebdomadaire depuis 2008. Mais ils ont aussi enregistré mercredi leur meilleure séance depuis 2009.

En début de journée, les observateurs citaient encore le recul de 1,8 % des bénéfices des entreprises du secteur industriel en Chine en novembre ou le repli pour le deuxième mois consécutif en décembre de la confiance des consommateurs aux États-Unis.

Les tensions commerciales entre Washington et Pékin sont aussi revenues sur le devant de la scène, après des informations de presse « selon lesquelles le gouvernement Trump se prépare à interdire aux entreprises américaines d’acheter des équipements de télécommunication aux groupes chinois Huawei et ZTE », a signalé Karee Venema, de la firme Schaeffer.

Mais « il n’y [avait] pas vraiment de raison fondamentale » au nouvel accès de faiblesse des indices, selon Maris Ogg de Tower Bridge Advisors.

Au contraire, les valorisations des entreprises cotées à Wall Street ont beaucoup baissé ces derniers temps, les rendant plus attrayantes, et les indicateurs sur l’économie américaine restent décents, a-t-elle souligné.

Dans ce contexte, les indices sont beaucoup plus guidés, selon elle, par des ajustements techniques réalisés par les investisseurs pour rééquilibrer les niveaux de risque des différentes classes d’actifs au sein de leur portefeuille et minimiser les impôts avant la fin de l’année.

Avec l’Agence France-Presse