Wall Street connaît sa meilleure journée depuis 2009

Wall Street, où le spectre d’un marché baissier menace de s’installer, a connu mercredi des gains importants: alors que l’indice S&P 500 et le Dow Jones ont chacun avancé d’environ 5%, le Nasdaq a pris près de 6%.
Photo: Richard Drew Associated Press Wall Street, où le spectre d’un marché baissier menace de s’installer, a connu mercredi des gains importants: alors que l’indice S&P 500 et le Dow Jones ont chacun avancé d’environ 5%, le Nasdaq a pris près de 6%.

Les acteurs du marché continuent de s’interroger quant aux incertitudes qui planent sur le paysage financier, notamment les signaux émanant de la Maison-Blanche, mais les indices boursiers ont repris mercredi le terrain qu’ils avaient perdu en début de semaine et en ont ajouté un peu plus pour signer leur plus forte journée depuis près de 10 ans.

La Bourse de Toronto était fermée à l’occasion du « Boxing Day », mais Wall Street, où le spectre d’un marché baissier menace de s’installer, a connu des gains importants : alors que l’indice S&P 500 et le Dow Jones ont chacun avancé d’environ 5 %, le Nasdaq a pris près de 6 %.

Ce rebond fait suite à la demi-journée chaotique de lundi. Les investisseurs se ruant vers la sortie, les grandes places boursières avaient alors perdu tellement de terrain que le S&P 500, meilleur baromètre du marché boursier américain, s’était retrouvé en position fondamentalement baissière après avoir fondu de 20 % par rapport à son sommet du mois d’octobre.

Après le congé de Noël, les principaux indices ont amorcé la séance de mercredi sur une note hésitante, mais les achats continus se sont traduits par une progression constante tout au long de la journée, avant une poussée finale dans la dernière ligne droite. Les valeurs vedettes ont multiplié les gains, ce qui a notamment été le cas d’Apple (7 %), de Walmart (5,25 %) et de Home Depot (6,3 %).

Il faut remonter au 23 mars 2009, six mois après le début de la dernière crise financière, pour observer une pareille journée. Le S&P 500, qui couvre plus de 80 % de la capitalisation boursière américaine, avait alors gagné 7 %, comparativement à 6,8 % du côté du Dow Jones, un ensemble de seulement 30 compagnies dont l’indice global n’est pas pondéré selon le poids des entreprises.

Décoder la Maison-Blanche

Déjà aux prises avec la menace de guerres commerciales et d’une récession à l’horizon, les investisseurs ont de la difficulté à décoder les messages de la Maison-Blanche depuis quelques jours.

Alors que le président Donald Trump s’est affairé dimanche à décrire la Réserve fédérale américaine comme une source de problèmes majeure, son secrétaire au Trésor a publié un communiqué pour dire qu’il avait appelé les patrons des grandes banques et conclu qu’elles disposent de liquidités suffisantes. Puisque cet enjeu n’est pas vraiment au coeur des préoccupations de Wall Street pour le moment, plusieurs ont eu du mal à comprendre les motivations derrière ce geste et ce message publics.

Lors d’une rencontre avec des journalistes à la Maison-Blanche mardi, le président américain a tenté de se faire rassurant et a dit que l’occasion se prête aux achats d’actions. « Nous avons les meilleures entreprises du monde et elles se débrouillent vraiment bien », a-t-il dit selon les médias présents. « Elles ont des chiffres records. Alors je pense que c’est le moment parfait pour acheter. Vraiment une occasion merveilleuse pour acheter. »

Outre la réaction au recul de lundi matin, le rebond de mercredi pourrait aussi s’expliquer par des ajustements de fin d’année chez certains types d’investisseurs, selon ce qu’a affirmé un gestionnaire auprès de l’Agence France-Presse.

L’état d’esprit du marché a également été marqué par les propos d’un conseiller économique proche de Donald Trump, Kevin Hassett, selon lequel le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, n’a pas à craindre pour son emploi. M. Hassett a tenu ces propos lors d’une rencontre avec des journalistes lui demandant de préciser le sort de M. Powell, à savoir plus précisément si celui-ci allait garder son poste. M. Hassett a répondu : « Oui, bien sûr, à 100 %. »

M. Hassett, qui dirige le Conseil des conseillers économiques de la Maison-Blanche, a également brossé un portrait positif de l’économie. « Les fondamentaux [de l’économie américaine] sont extrêmement solides […] la croissance au quatrième trimestre devrait être très proche de 3 %, si ce n’est plus », a-t-il dit. « Par conséquent, je pense que le rythme de croissance que nous observons cette année devrait se poursuivre l’an prochain. »

Avec l'Agence France-Presse