L’aviation civile internationale est sur une bonne lancée

Le plongeon des cours pétroliers pourrait redynamiser la performance financière des transporteurs, malgré la hausse des taux d’intérêt.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le plongeon des cours pétroliers pourrait redynamiser la performance financière des transporteurs, malgré la hausse des taux d’intérêt.

La chute des cours pétroliers arrive à un bon moment pour les compagnies aériennes. Elle devrait également permettre aux transporteurs d’afficher des profits en 2019 pour une dixième année d’affilée, une séquence de rentabilité jamais vue dans l’industrie.

L’Association internationale du transport aérien (IATA, en anglais) a publié jeudi ses plus récents indicateurs confirmant des marges bénéficiaires sous pression au troisième trimestre de 2018, sous l’impulsion d’une hausse des coûts, et des flux monétaires libres en déclin. Même les revenus à forte valeur ajoutée tirés des classes dites « premium » montraient des signes de faiblesse, faisant en cela écho au ralentissement économique ressenti à l’échelle mondiale. Sur un échantillon de 74 compagnies aériennes, l’IATA a mesuré une marge d’exploitation de 11,5 % au troisième trimestre, contre 15,1 % un an plus tôt, et un bénéfice net en baisse de 2,7 milliards $US entre les deux trimestres de comparaison.

Mais le plongeon des cours pétroliers pourrait redynamiser la performance financière des transporteurs, malgré la hausse des taux d’intérêt. Les valeurs de référence à New York et à Londres sont en baisse de 40 et de 37 % respectivement depuis octobre. Les projections de l’IATA pour l’année prochaine tablent sur un prix moyen du Brent à 65 $US le baril, contre un prix de 73 $US observé en 2018.

Dans ses projections pour 2019, l’IATA, qui représente 290 compagnies aériennes dans le monde revendiquant 82 % du trafic aérien, projette un rendement sur le capital investi supérieur au coût du capital pour une cinquième année de suite. L’écart va toutefois continuer de se réduire, hausse du loyer de l’argent oblige. Les anticipations font ressortir un bénéfice net d’ensemble de 35,5 milliards $US l’an prochain, contre 32,3 milliards prévus cette année, prolongeant à dix années consécutives la séquence de rentabilité. L’IATA prend cependant soin d’ajouter que cette performance se traduit par une marge bénéficiaire nette à peine au-dessus des 4 %, soit un « modeste » total de 7,75 $US par passager. Les plus forts résultats viendraient des transporteurs nord-américains, avec un profit prévu de 16,77 $US par passager et une marge de 6 %.

« Nous nous attendions à ce que la hausse des coûts affaiblisse la rentabilité en 2019. Mais la chute significative des prix du pétrole et les solides projections de croissance du PIB ont servi de tampon », a déclaré Alexandre de Juniac. Le directeur de l’IATA tempère toutefois son enthousiasme en raison d’une montée des risques liés à l’environnement économique et politique.

Les compagnies aériennes commerciales prendront livraison de 1780 nouveaux aéronefs cette année. La solidité du rendement sur le capital investi justifie ces investissements de 80 milliards, et la moitié des nouvelles livraisons vise à remplacer des appareils existants dans la flotte dans un objectif d’accroissement de l’efficacité énergétique. L’an prochain, la flotte mondiale devrait croître de 1000 appareils, à près de 31 000 à la fin de 2019, proposant une capacité de quelque 4,8 millions de sièges disponibles. Le coefficient d’occupation moyen pourrait se situer autour de 82,3 %.