L'OCDE estime que la croissance est bel et bien de retour

Paris — Les 30 pays développés de la zone OCDE devraient renouer avec une vigoureuse croissance cette année, dont pourrait même bénéficier l'Europe continentale malgré son retard évident en matière de consommation et de confiance, estime l'OCDE.

«Après une longue période de faiblesse, l'investissement des entreprises est désormais reparti à la hausse et l'économie mondiale a clairement renoué avec une croissance soutenue», souligne-t-elle dans ses perspectives économiques de printemps publiées hier à Paris.

Ces pays devraient en moyenne enregistrer une croissance de leur PIB de 3,4 % cette année et de 3,3 % en 2005, estime l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Lors de la publication de ses dernières prévisions, en novembre, elle ne tablait encore que sur respectivement 3 % et 3,1 %.

Pour l'heure, la zone euro devrait encore demeurer à la traîne, avec une croissance de 1,6 % cette année, là où l'OCDE attend 4,7 % pour les États-Unis, la locomotive mondiale, ou 3,1 % pour le Royaume-Uni. Mais cet écart devrait s'atténuer l'année prochaine, avec un taux prévu de 2,4 % pour la zone euro, de 3,7 % pour les États-Unis et de 2,7 % pour le Royaume-Uni.

Meilleur partage

Il existe selon l'OCDE «de bonnes raisons de prévoir une reprise mieux partagée. En effet, la capacité d'entraînement de la reprise mondiale paraît désormais suffisante pour tirer les économies européennes de leur atonie récente dès lors qu'un minimum de stabilité des changes est préservé au cours des prochains mois», estime-t-elle, en allusion à la forte baisse du dollar au début de l'année, qui avait fait craindre pour la santé des exportations européennes. Le dollar s'est depuis repris face à l'euro.

De plus, les pays industrialisés bénéficient d'une certaine stabilité des prix en dépit de la récente augmentation des prix du pétrole, souligne le rapport.

Ce relatif optimisme n'empêche pas l'OCDE de recommander une baisse de taux à la Banque centrale européenne (BCE). «La reprise se révélant plus fragile qu'initialement prévu et l'inflation se positionnant résolument à moins de 2 % pendant la période sous revue, on suppose que le taux de refinancement sera à nouveau réduit de 50 points de base ce printemps, et qu'il sera maintenu à 1,5 % jusqu'à ce que la reprise soit solidement installée», dit l'OCDE.

Pour les États-Unis, l'organisation redoute au contraire que la hausse des taux n'intervienne à la fois trop tard et trop brusquement, ce qui pourrait provoquer une surchauffe et aurait en outre des répercussions négatives sur l'investissement dans le monde entier. Elle met aussi en garde comme à son habitude contre la dégradation des finances publiques dans nombre de pays de l'OCDE. Un assainissement est «impératif», selon elle.

En ce qui concerne le reste de la zone, l'OCDE se félicite des performances du Royaume-Uni et du Japon. L'archipel devrait enregistrer une croissance de 3 % cette année et de 2,8 % l'an prochain, bénéficiant en particulier du dynamisme de la Chine voisine. Le Portugal devrait être lanterne rouge, avec seulement 0,8 % de croissance prévue cette année.

Quant au chômage, après avoir culminé l'an dernier à plus de 37 millions de personnes (environ 7 % de la population active), il devrait reculer de 2,25 millions en 2004 et 2005 pour revenir à un taux de 6,5 % de la population active, mais cette contraction devrait va bénéficier essentiellement aux États-Unis et au Japon, alors qu'on n'attend qu'une amélioration limitée en Europe.