La financière Power vise de nouvelles acquisitions

Même si, depuis 1997, elle a investi plus de 14 milliards de dollars dans trois grandes acquisitions d'institutions financières au Canada, la Corporation financière Power considère que la consolidation de cette industrie est loin d'être complétée et qu'il reste encore des occasions d'affaires pour renforcer son réseau de distribution de détail.

Mais aurait-elle une éventuelle acquisition de banque dernière la tête? Pas de commentaire sur le sujet, si ce n'est de dire que la balle est encore dans le camp du gouvernement fédéral en ce qui concerne le dossier des fusions de banques. Paul Desmarais fils, qui est président du conseil de la financière Power, a déclaré qu'il n'avait rien à dire contre les fusions de banques et que son groupe voulait contribuer à la réflexion sur le sujet. Toutefois, Robert Gratton, président et chef de la direction, a rappelé en conférence de presse que, depuis plusieurs années, les banques pouvaient posséder des compagnies d'assurance, ce qui implicitement voulait sans doute dire que l'inverse devrait être tout aussi acceptable, à savoir que des compagnies d'assurance puissent acheter des banques.

Bénéfice en hausse

En attendant, la financière Power n'a aucunement besoin de posséder une banque pour faire de l'argent. En 2003, elle a déclaré un bénéfice net de deux milliards. Pour le premier trimestre 2004, dont les résultats ont été divulgués hier, le bénéfice net est de 339 millions, ou 92 ¢ par action, en comparaison de 253 millions, ou 68 ¢ par action, au premier trimestre de l'an dernier.

Pour la onzième année consécutive, en 2003, la financière Power avait relevé le dividende de ses actions ordinaires. Hier encore, le conseil d'administration a haussé le dividende trimestriel, si bien que, le 31 juillet prochain, les actionnaires recevront 36,5 cents par action. Le dividende n'a été que de quatre cents à la fin de 1992. Pour la troisième fois en sept ans, on a annoncé hier un autre fractionnement deux pour un de l'action. En 15 ans, sa capitalisation boursière est passée de 1,5 milliard à 19,6 milliards, et 2,6 milliards ont été versés aux détenteurs d'actions ordinaires.

Comme M. Gratton l'a rappelé aux actionnaires, la financière Power a été un acteur clé dans le regroupement des services financiers au Canada, avec les acquisitions de la London Life, de la Corporation financière Mackenzie et de Canada-Vie. Ces sociétés ont ensemble créé un réseau de distribution multimodes considérable, dont fait partie la Great-West avec 1270 conseillers dits Clé d'or, 8700 courtiers contractuels spécialisés et 2600 conseillers interentreprises. Canada-Vie procède par l'entremise d'agents généraux, avec lesquels elle a plus de 63 contrats couvrant 8000 agents. Le Groupe Investors a 3200 conseillers, Mackenzie vend par l'entremise de 40 000 courtiers et planificateurs financiers. IPC, la plus récente acquisition, a un réseau de 600 conseillers financiers. Les services d'arrière-guichet, les systèmes informatiques et la fabrication de produits ont été combinés. L'un des grands objectifs est de créer, pour des fonctions et produits similaires, des réseaux unifiés à l'échelle du groupe et de réduire ainsi le coût d'entretien des systèmes et de l'innovation.

Par ailleurs, dans son développement, la financière Power a toujours cherché à maintenir un équilibre entre son bénéfice au Canada et à l'étranger, c'est-à-dire aux États-Unis et en Europe, par le biais de Great-West Lifeco chez les Américains et de Pargesa, un holding dans lequel elle détient une participation de 50 %, en Europe. Cet équilibre, que la financière Power entend continuer de maintenir entre le Canada et l'étranger, se situe plus ou moins aux environs de 50-50.

Pour l'instant, elle n'a pas l'intention de s'installer en Asie, un scénario que M. Desmarais n'écarte toutefois pas à long terme.