Eric Girard à la CCMM: aux entreprises maintenant d’investir

Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le nouveau ministre québécois des Finances, Eric Girard, a rappelé les mesures fiscales de 1,6 milliard sur cinq ans annoncées dans sa récente mise à jour économique visant à favoriser l’investissement des entreprises.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le nouveau ministre québécois des Finances, Eric Girard, a rappelé les mesures fiscales de 1,6 milliard sur cinq ans annoncées dans sa récente mise à jour économique visant à favoriser l’investissement des entreprises.

Une baisse d’impôt pour les entreprises « n’est pas en haut de [la] liste » du gouvernement Legault, prévient son ministre des Finances. En fait, il s’attend plutôt à ce qu’elles répondent maintenant à ses récentes mesures d’encouragement à l’investissement.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) est revenu deux fois à la charge, sans succès. Au nouveau ministre québécois des Finances, Eric Girard, qu’il avait invité à sa tribune, lundi midi, Michel Leblanc a demandé s’il envisageait de réduire les impôts des entreprises pour leur donner de meilleures chances contre leurs concurrentes canadiennes et américaines.

« Lorsqu’on est élu, on représente l’ensemble de la population, et les baisses de l’impôt des entreprises ne sont pas ce dont les citoyens nous parlent. Les gens nous parlent de transport en commun, des écoles à rénover… a-t-il répondu. Une baisse de l’impôt des entreprises n’est pas en haut de ma liste. »

Contestant l’affirmation selon laquelle les entreprises québécoises sont les plus lourdement imposées au Canada, Eric Girard a rappelé les mesures fiscales de 1,6 milliard sur cinq ans annoncées dans sa récente mise à jour économique au début du mois et visant à favoriser l’investissement des entreprises. S’harmonisant à une mesure similaire adoptée par Ottawa quelques semaines auparavant en réponse aux baisses d’impôts aux États-Unis, l’amortissement accéléré de 100 % des investissements dans des facteurs d’amélioration de la productivité (informatique, transformation, énergie propre, propriété intellectuelle…) s’accompagne d’une autre déduction similaire, de 30 % celle-là.

Selon le ministère des Finances, ces déductions fiscales sur les nouveaux investissements totalisant 130 % ont le pouvoir d’encourager des investissements supplémentaires de plus de 6 milliards d’ici 2024. Des investissements qui, espère-t-on, amélioreront la productivité des entreprises et le potentiel de croissance de l’économie québécoise.

« Je vous offre cela : moi, j’investis 1,6 milliard et j’attends 6 milliards d’investissements », a résumé Eric Girard aux quelque 600 représentants du monde des affaires venus l’entendre. « Nous avons fait un geste. À vous, les entreprises, d’y répondre. »

Mais après ? a insisté Michel Leblanc. Si les investissements espérés se concrétisent, les entreprises auront-elles droit alors à des baisses d’impôt ? « Si nous réussissons à augmenter le potentiel de croissance de l’économie du Québec […], il y aura plus de revenus, et ces revenus-là seront disponibles pour tout le monde », s’est contenté de répondre le ministre, qui entamera le mois prochain les consultations pour son premier budget.

Déclaration d’impôt préremplie

Le ministre se promet aussi de réexaminer les programmes existants avant de chercher à en ajouter de nouveaux. « Le Québec a déjà pour 3 milliards en aide aux entreprises par année. C’est plus que toute autre province, toutes proportions gardées », a-t-il déclaré. Tout cela devra faire l’objet d’un examen patient et objectif au terme duquel il faudra savoir séparer le bon grain de l’ivraie. « Moi, je n’ai aucun préjugé idéologique. Je suis pragmatique », a-t-il assuré en point de presse par la suite. « Si ça fonctionne, tant mieux, on le garde. »

En réponse à la question d’un journaliste, Eric Girard est apparu intéressé, par ailleurs, par l’idée que l’État puisse préremplir des déclarations de revenus quand cela est possible. Ce genre de service informatisé qui mettrait à profit les nombreuses informations auxquelles a déjà accès le gouvernement sur les contribuables pourrait leur « simplifier » la vie, a-t-il observé. « Chaque citoyen ne devrait pas avoir besoin d’un fiscaliste pour remplir sa déclaration. »