La revente résidentielle poursuit son retour à l’équilibre

Malgré des ventes plus fortes que prévu au Québec, l’Association canadienne de l’immeuble s’attend à ce que les ventes résidentielles à l’échelle canadienne baissent de 11,2% cette année, à 458 200 propriétés.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Malgré des ventes plus fortes que prévu au Québec, l’Association canadienne de l’immeuble s’attend à ce que les ventes résidentielles à l’échelle canadienne baissent de 11,2% cette année, à 458 200 propriétés.

Le marché de la revente résidentielle poursuit son atterrissage en douceur à l’échelle canadienne, avec un refroidissement de ses principales poches de surchauffe. Ainsi 60 % des marchés locaux étaient en équilibre en novembre.

L’Association canadienne de l’immeuble (ACI) a mesuré un recul de 2,3 % des ventes résidentielles à l’échelle canadienne d’octobre à novembre. Il s’agissait d’un repli pour un troisième mois d’affilée. Les transactions ont reculé dans plus de la moitié des marchés locaux, l’impact étant le plus ressenti dans les marchés de la grande région de Toronto, de la grande région de Vancouver et de Hamilton-Burlington.

Sur un an, la chute atteint les 12,6 % sur le système interagences, pour s’établir en deçà de la moyenne sur dix ans. Par rapport à l’année dernière, « les ventes ont chuté dans les trois quarts des marchés locaux », souligne l’ACI, qui pointe ici en direction de Calgary, de Toronto, de Hamilton-Burlington et du Lower Mainland, en Colombie-Britannique.

« Le déclin de l’accessibilité causé par la simulation de crise des prêts hypothécaires instaurée cette année demeure très présent », a résumé Gregory Klump, économiste en chef de l’association.

2,3 %
C’est le recul des ventes résidentielles à l’échelle canadienne d’octobre à novembre, mesuré par l’Association canadienne de l’immeuble.

L’ajustement se poursuit, avec une baisse de 3,3 % des nouvelles inscriptions entre octobre et novembre. L’offre s’est repliée dans près de 70 % des 17 marchés locaux. Le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est donc resserré à 54,8 %, près de la moyenne à long terme de 53,4 %. Ce faisant, « environ 60 % de l’ensemble des marchés locaux étaient en équilibre en novembre », ce que vient confirmer le nombre de mois d’inventaire qui, à 5,4 en novembre, correspondait à la moyenne canadienne à long terme de 5,3 mois.

Sur le plan des prix, la progression est ramenée à 2 % à l’échelle canadienne sur 12 mois. Aux extrémités de l’échelle, la hausse atteint 12,7 % sur l’île de Vancouver alors que Regina affiche une baisse de 4 %. Ottawa et la grande région de Montréal inscrivent des hausses respectives de 6,6 % et de 6,2 % entre novembre 2017 et novembre 2018.

Prévisions

Malgré des ventes plus fortes que prévu au Québec, l’ACI s’attend désormais à ce que les ventes résidentielles à l’échelle canadienne baissent de 11,2 % cette année à 458 200 propriétés, touchant un bas vieux de cinq ans, et que le prix moyen descende à 488 600 $, soit une baisse de 4,2 % par rapport à 2017.

Pour 2019, l’ACI estime que les ventes à l’échelle nationale demeureront sensiblement les mêmes, à 456 200 propriétés, en baisse de 0,5 %.

« Cette prévision marquerait le niveau de ventes résidentielles effectuées par l’entremise des systèmes interagences canadiens le plus bas en neuf ans. Les taux d’intérêt à la hausse, combinés à la simulation de crise pour les prêts hypothécaires, viendront contrebalancer la croissance de la population, de l’emploi et du revenu », selon l’ACI. Pour le Québec, l’association représentant les courtiers immobiliers parle de gains continus, prévoyant que les ventes vont demeurer « à des sommets historiques ».

Le prix moyen à l’échelle canadienne devrait connaître un rebond de 1,7 % pour s’établir à 496 800 $ en 2019, une augmentation qui « reflète une hausse du prix moyen dépassant l’inflation en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse ».