Toyota Corolla - L'employée modèle

Il est de ces véhicules sans histoire, voire anonymes, qui font, année après année, le plus grand bonheur de leurs propriétaires. Ceux-ci, en retour, se montrent d'une fidélité exemplaire en leur renouvelant leur confiance lorsque vient le temps de changer de voiture. Telle est la Toyota Corolla.

Redessinée l'an dernier, la Corolla ressemble comme jamais à sa grande soeur, la Camry. Ni belle ni laide, elle passe moins inaperçue que le modèle qui l'a précédée. Ce style générique semble convenir à la clientèle cible, réputée cartésienne. Une seule configuration est offerte sur le marché nord-américain, soit la berline à quatre portes, qui se décline en trois versions (CE, S et LE).

Spacieuse comme une grande

Comme le veut la tendance, la Corolla de neuvième génération est plus longue, plus large et plus haute que sa devancière. L'empattement a, lui aussi, été allongé, ce qui se traduit par une habitabilité accrue. Même s'il s'agit d'une compacte, elle est plus spacieuse que certaines intermédiaires, à l'arrière surtout. À l'avant, on s'enfonce dans des sièges-baquets généreusement rembourrés qui maintiennent bien le corps. De plus, l'assise est haute, ce qui plaira aux conducteurs plus petits. À l'arrière, la banquette est plus ferme et, disons-le, moins confortable.

Dans la plus pure tradition Toyota, la présentation intérieure est d'une grande sobriété, mais l'instrumentation est complète et lisible tandis que les commandes sont simples et faciles d'accès. Bref, tout est à la bonne place, les espaces de rangement inclus. Et il y a cette impression de solidité incomparable, qui se vérifie autant par la finition méticuleuse et la qualité des matériaux que par l'absence de bruits suspects émanant de la carrosserie. Pour couronner le tout, l'habitacle est fort bien insonorisé.

Symbiose mécanique

Qui dit Toyota dit exécution mécanique irréprochable. La Corolla en est le plus bel exemple. Tous les éléments fonctionnent en parfaite symbiose, à commencer par le groupe motopropulseur. Muni du système de calage variable des soupapes, le 4-cylindres de 1,8 litre s'accouple aussi bien à la boîte manuelle à cinq rapports, offerte de série, qu'à la boîte automatique à quatre rapports. Cette dernière assure des passages très fluides, à peine perceptibles, sans trop pénaliser les performances. Quant à la boîte manuelle, son étagement irréprochable ainsi que la précision et la courte course de son levier rendent son utilisation des plus agréable.

Une seule motorisation figure au catalogue, mais elle suffit à la tâche. La puissance et le couple sont bien répartis, ce qui se traduit par des accélérations franches et de bonnes reprises. Ajoutez à cela la douceur proverbiale des petits 4-cylindres japonais ainsi qu'une discrétion tout ce qu'il y a de plus oriental: on l'entend à peine.

Moins aseptisée

Cette symbiose des éléments mécaniques se ressent également dans le comportement. Plus précise et moins assistée qu'auparavant, la direction permet de bien exploiter les qualités du châssis, de concert avec la suspension. Celle-ci impressionne d'autant plus qu'elle confère une douceur de roulement exceptionnelle à cette berline compacte, sans que cela n'altère en rien son agrément de conduite, nettement en hausse.

Sans être excitante, la Corolla est beaucoup moins aseptisée que par le passé. La conduite est plus enjouée, surtout avec la boîte manuelle. Même la version de base, chaussée de pneus qui atteignent rapidement leur limite d'adhérence, procure sa dose de plaisir. Qui l'eût cru?

Fiable, fiable, fiable

Moins ennuyante, plus spacieuse et toujours aussi confortable, la Corolla de neuvième génération rehausse d'un cran la barre, déjà haute. Au fil des ans, elle s'est bâti une solide réputation: comme les laveuses Maytag, elle semble immunisée contre les bris mécaniques. Si la perfection mécanique n'est pas de ce monde, force est d'admettre que la fiabilité quasi légendaire des produits Toyota est ce qui s'en rapproche le plus dans l'industrie automobile. Mais tout cela a un prix, bien sûr... Sur papier, la Corolla n'est pas plus chère que ses rivales, mais les nombreuses options font rapidement grimper les prix.