Sunwing intensifie son offre hôtelière

Le fondateur du Groupe de voyage Sunwing, Colin Hunter
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le fondateur du Groupe de voyage Sunwing, Colin Hunter

Sunwing poursuit sa lancée rentable en 2018. Le voyagiste a également maintenu le rythme accéléré dans son déploiement hôtelier.

Les voyagistes évoluaient plutôt de façon réactive l’an dernier, rappelle le fondateur et président du conseil de Groupe de voyage Sunwing. L’exercice 2017 s’était terminé sous les effets d’ouragans dévastateurs qui avaient balayé les Caraïbes durant l’automne. S’étaient greffés le repli abrupt du dollar canadien face au billet vert et la montée du prix du carburant.

Aujourd’hui, un an plus tard, la saison d’hiver s’amorce avec un taux de change stabilisé et des cours pétroliers en baisse. « Notre industrie est très sensible aux chocs extérieurs, mais notre flexibilité permet un ajustement rapide et notre intégration verticale soutient notre croissance », explique Colin Hunter en entretien au Devoir. Au même titre que la réponse de Sunwing à l’excès de capacité cet hiver, sous l’offensive d’Air Canada et de WestJet, sera adaptée aux circonstances, rajoute le patron, qui insiste : « Il se peut que nous ajustions à la baisse nos sièges offerts. C’est la rentabilité qui nous importe et non les parts de marché. »

Colin Hunter revient aussi sur l’incursion de Sunwing dans le secteur hôtelier. Ce segment à forte marge bénéficiaire atteint désormais les 16 000 chambres, la moitié de ce portefeuille de quelque 45 hôtels étant gérée et l’autre moitié, exploitée à titre de propriétaire. Deux nouveaux centres de villégiature, de quelque 1000 chambres chacun, viennent s’ajouter à l’offre. L’un est à Cancún, exploité sous la franchise Planet Hollywood, et l’autre se trouve un peu plus loin, sur Playa Mujeres. Antigua est également sur la planche à dessin.

Bénéfice en hausse

Sunwing est une entreprise privée, mais la participation de 49 % de l’allemand TUI Group dans le voyagiste canadien donne accès à certaines données financières. Ainsi, au terme de l’exercice clos le 30 septembre 2018, Sunwing a dégagé des revenus bruts de 2,9 milliards, selon un taux de conversion de 1,50 $CAN pour 1 euro. Il s’agit d’un léger recul par rapport aux revenus de 3,03 milliards inscrit un an plus tôt, à taux de change constant. Le bénéfice est passé de 101,6 millions à 116,3 millions. De 47,9 millions à 135 millions lorsqu’ajusté pour tenir compte d’éléments non récurrents et de l’effet taux de change, qui est passé de –40 millions à +19 millions entre les deux exercices de comparaison.

Au bilan, l’actif net du voyagiste intégré fondé en 2002 atteignait les 806 millions au 30 septembre dernier, en hausse de 19 % sur un an et de 28 % sur deux ans, toujours à taux de change constant. TUI estime la valeur sous-jacente de son investissement dans le voyagiste canadien à 387 millions d’euros.

Le segment hôtelier ressort dans les résultats. Sunwing coiffait au 30 septembre dernier un portefeuille de 26 hôtels sous la marque Blue Diamond, abritant les Royalton, Memories, Chic et autres, soit « la chaîne hôtelière à plus forte croissance dans les Caraïbes », indique TUI. Blue Diamond a accru sa capacité de 27 % de 2017 à 2018, s’ajoutant au bond de 26 % de l’année précédente, contre une moyenne de 0,7 % pour l’ensemble du groupe hôtelier de TUI, qui compte notamment sur la présence musclée des RIU. Le taux moyen d’occupation a légèrement reculé, passant de 83 à 80 % entre les deux exercices, mais le revenu moyen par lit a bondi de 12,8 %, à 127 euros, contre une augmentation d’ensemble de 2 %, à 65 euros.

Quant à cette concurrence hôtelière allant en s’intensifiant sur les destinations soleil, « il y a de la compétition partout », répond un Colin Hunter haussant les épaules. Le président-crooner, qui vient d’enregistrer à Montréal un treizième CD, mise sur le fait que Sunwing est le numéro un entre le Canada et le Sud selon les parts de marché. Il compte aussi sur la contribution d’autres sources d’alimentation quatre saisons qu’est la complémentarité apportée par TUI et par la propriété d’un voyagiste aux États-Unis. Le voyagiste reluque une incursion en Amérique latine, mais la recherche, là-bas, d’un partenaire ou d’un voyagiste capable de s’intégrer au groupe peut prendre un peu de temps, dit-il.

Dans l’immédiat, Sunwing vient d’intégrer un deuxième B737 Max8 à sa flotte comptant une quarantaine d’appareils. « Nous souhaitons voir notre flotte ne compter que sur ces Boeing nouvelle génération, mais nous devons nous ajuster aux conditions prévalant sur le marché de la location. » Le B737 Max8 propose un rayon d’action agrandi d’une heure et une efficacité énergétique abaissant d’environ 20 % les émissions carbone.

De ces 40 appareils, 12 tombent sous la direction québécoise. Ils desservent les aéroports d’Ottawa, de Montréal, de Québec mais aussi de Bagotville, de Val-d’Or, de Sept-Îles et de Mont-Joli.