Acura TL - La troisième aura été la bonne

La TL de troisième génération fait un grand bond en avant, avec sa ligne agressive et ses formes sculptées. Source: Acura
Photo: La TL de troisième génération fait un grand bond en avant, avec sa ligne agressive et ses formes sculptées. Source: Acura

Introduite en 1995, la berline TL succédait à la décevante Vigor. Son mandat: réussir là où sa devancière avait échoué, soit de s'imposer face à la Sainte-Trinité allemande (Audi, BMW et Mercedes) dans le créneau des berlines de luxe d'entrée de gamme. Mais il aura fallu trois ans et une nouvelle refonte pour que la TL sorte de l'anonymat. Cette fois, on se rapprochait du but. À sa troisième génération, cette berline possède désormais les outils pour devenir l'aspirante numéro un.

La TL se démarque de ses rivales par son gabarit, supérieur à celui des ténors de cette catégorie que sont les Audi A4, BMW Série 3, Mercedes Classe C et Jaguar X-Type. Mais la principale différence n'est pas visible, car il s'agit d'un choix technique. Acura s'en tient aux roues motrices à l'avant, alors que la concurrence privilégie la propulsion ou encore le rouage intégral.

Enfin, du style!

D'une génération à l'autre, il y a eu du progrès au chapitre du style. La première pouvait être confondue avec n'importe quelle berline de grande série; la deuxième avait un peu plus de prestance, mais le charisme lui faisait encore cruellement défaut. La TL de troisième génération fait un grand bond en avant, avec sa ligne agressive et ses formes sculptées. On se retourne à son passage, ce qui n'est jamais arrivé à ses devancières... Le seul point commun avec celles qui l'ont précédée est la configuration à quatre portes, qui demeure la seule offerte.

À l'extérieur comme à l'intérieur, la TL n'a jamais été aussi belle. En prenant place à bord, on constate, encore une fois, une nette amélioration par rapport aux modèles précédents. La présentation intérieure est cohérente avec la vocation de cette berline, qui se veut autant luxueuse que sportive. L'incontournable sellerie de cuir est au rendez-vous, tout comme les boiseries, mais celles-ci se font discrètes, leur présence se limitant à la console centrale. Ce sont plutôt les appliques en imitation de titane qui accrochent l'oeil et donnent un cachet sportif à l'habitacle.

Dans la plus pure tradition japonaise, la finition est soignée et la qualité d'assemblage, irréprochable. L'équipement de série pléthorique fait aussi partie des caractéristiques de la TL et la nouvelle génération reprend le flambeau. Cette berline est la première à recevoir un lecteur DVD audio, dont la qualité sonore devrait combler les plus exigeants en la matière. Sur une note plus rationnelle, tous les occupants ont droit à un confort princier: la banquette arrière est aussi confortable que les sièges avant, ce qui n'est pas courant. Grâce à son empattement plus long que celui de ses rivales, la TL offre aussi beaucoup d'espace pour les jambes à l'arrière. Ladite banquette ne s'incline pas, mais on a au moins pensé à une trappe pour les objets longs tels des skis. L'aspect pratique n'a d'ailleurs pas été négligé, comme en font foi les nombreux compartiments de rangement. J'ai particulièrement apprécié les vide-poches amovibles dans les portières, façon Audi. Qu'y a-t-il de mal à copier une bonne idée?

Raffinement mécanique

Dans le processus de refonte, la mécanique n'a pas été négligée. La TL reste fidèle au V6 à calage variable des soupapes (VTEC) de 3,2 litres, mais la puissance grimpe à 270 chevaux. Ne cherchez pas, aucune voiture de ce prix n'en offre autant. De plus, Acura a fait taire les critiques qui reprochaient à ce moteur de manquer de caractère. Cela s'entend: sa sonorité est fort agréable, encore plus lorsqu'il est accouplé à la boîte manuelle à 6 rapports. Cette combinaison laisse cependant transparaître encore plus l'effet de couple, qui se ressent dans le volant. La boîte de vitesses automatique semble mieux gérer la puissance transmise aux roues motrices.

Ce V6 brille cependant par son raffinement: il est d'une souplesse et d'une douceur qui n'ont rien à envier aux BMW et Mercedes de ce monde. Les conducteurs sportifs apprécieront le rendement de la boîte de vitesses manuelle, précise et bien étagée. On souhaiterait cependant une pédale d'embrayage plus progressive. Le freinage se mérite également des éloges: la TL freine fort, vite et bien droit. Rien à envier à une BMW ou une Mercedes.

Le meilleur compromis

Puisqu'on parle de BMW... Si la firme bavaroise décidait de se convertir à la traction, le résultat se rapprocherait sans doute de la TL. Il s'agit d'un compliment, n'en doutez pas, et il est tout à l'honneur de la berline nippone. On peut difficilement trouver un meilleur compromis entre le confort et l'agrément de conduite. Le roulis est superbement maîtrisé et il faut vraiment attaquer très fort pour sentir un début de sous-virage; l'antipatinage intervient alors et corrige la situation avec doigté. La direction est précise et l'assistance variable travaille toujours aussi bien sur la TL. Un seul reproche: un rayon de braquage trop grand, ce qui peut irriter en conduite urbaine.

Disons-le sans détour: la TL est probablement, à ce jour, la meilleure Acura jamais construite. Non seulement n'a-t-elle rien — ou si peu — à envier aux meilleures berlines allemandes, mais ses dimensions, son équipement et sa puissance lui permettent de jouer sur deux tableaux à la fois: elle peut en effet concurrencer adéquatement les berlines de luxe compactes et intermédiaires. S'il y a une japonaise susceptible de s'imposer dans ces deux segments, c'est elle, d'autant plus que la marque Acura possède une feuille de route impeccable au chapitre de la fiabilité — alors que celle des allemandes tient plutôt du mythe...