Transat pas trop inquiétée par l’arrivée de Swoop

Pour l’instant, Swoop n’est pas présent au Québec et n’est pas encore un joueur majeur des destinations soleil.
Photo: Tara Walton La Presse canadienne Pour l’instant, Swoop n’est pas présent au Québec et n’est pas encore un joueur majeur des destinations soleil.

En dépit d’une baisse des profits en 2018, la haute direction de Transat A.T. ne s’inquiète pas trop de l’arrivée d’un nouveau concurrent dans le secteur des destinations soleil, disant en avoir vu d’autres depuis sa fondation.

Swoop, une filiale de Westjet qui a vu le jour en juin, a annoncé l’ajout de liaisons, à compter de l’an prochain, vers des destinations comme Cancún, Puerto Vallarta et Mazatlan au Mexique ainsi que des vols vers Montego Bay, en Jamaïque, d’ici quelques jours. « Nous sommes attentifs, bien sûr », a expliqué jeudi la chef de l’exploitation de l’entreprise québécoise, Annick Guérard, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre. « Mais nous rivalisons avec d’autres transporteurs à bas prix. Nous savons comment faire face à cela. »

3,8 millions
Profit net de Transat pour l'exercice en cours.

Pour l’instant, Swoop n’est pas présent au Québec et n’est pas encore un joueur majeur des destinations soleil. Néanmoins, Swoop viendra bonifier une capacité grandissante offerte par les transporteurs canadiens à destination du Mexique et des Antilles. L’exploitant du transporteur Air Transat a souligné que la disponibilité des sièges devrait s’accroître de 8 % au cours de la prochaine saison, pour un total d’environ 4,7 millions de sièges. Air Canada mène la charge avec une augmentation de capacité de 14 %, devant Westjet. Cette prévision ne tient pas compte de l’arrivée prochaine de Swoop.

Pour sa part, Transat compte bonifier son offre de 2 % cet hiver par rapport à l’an dernier. Jusqu’à présent, les réservations sont en progression de 6 %, a souligné le voyagiste dans ses résultats. Aussi, « 52 % de la capacité est vendue […] et les prix sont légèrement en hausse », a noté Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, dans un rapport, estimant que la demande était « décente ».

Repositionnement hôtelier

Entre-temps, dans le but de tirer son épingle du jeu dans un marché convoité par Air Canada Rouge, West Jet et Sunwing, Transat continue, lentement mais sûrement, à mettre sur pied son projet de chaîne d’hôtels dans les Antilles. D’ici 2024, la société souhaite détenir ou exploiter quelque 5000 chambres dans cette région.

Transat s’affaire à construire un complexe hôtelier de 600 à 900 chambres sur un terrain récemment acheté dans le village de Puerto Morelos — à moins de 40 kilomètres de Cancún. Les travaux devraient débuter en mai. « Nous nous tournons davantage vers Punta Cana étant donné que nous avons déjà un projet en branle à Riviera Maya », a dit le président et chef de la direction de l’entreprise, Jean-Marc Eustache.

Au quatrième trimestre, la hausse des prix du carburant et la fluctuation des devises ont pesé à hauteur de 35,9 millions sur les résultats de Transat, qui a vu ses profits fléchir. Son bénéfice net s’est établi à 7,8 millions, ou 21 ¢ par action, par rapport à 148,1 millions, ou 3,97 $ par action, à la même période l’an dernier, lorsque des ventes d’actifs avaient été comptabilisées. Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté a été de 16,9 millions, ou 45 ¢ par action, alors qu’il avait été de 46,4 millions ou 1,24 $ par action, pendant le quatrième trimestre en 2017. Les revenus ont également fléchi, passant de 698,6 millions à 668,3 millions.

Pour l’exercice, Transat a engrangé un profit net de 3,8 millions, ou 10 ¢ par action, comparativement à 134,3 millions, ou 3,63 $ par action, en 2017.