Les PME du Québec se plaignent du coût élevé de leurs assurances

Les hausses des primes d'assurances des PME sont telles qu'elles limitent leur activité économique au Québec et, dans certains cas, vont jusqu'à leur causer des difficultés financières.

C'est ce que conclut Pierre Emmanuel Paradis, économiste principal à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, qui vient de réaliser une étude au sujet des assurances pour les PME du Québec.

En moyenne, la hausse du coût des assurances pour ces entreprises a atteint 15 % entre 2002 et 2003 et cette hausse suivait une autre hausse comparable l'année précédente, notait-il au cours d'un entretien téléphonique. Tous les secteurs d'activités sont touchés, mais particulièrement les PME qui oeuvrent dans la forêt, le transport, la sécurité et qui font du commerce avec les États-Unis.

Il admet qu'il y a eu une augmentation du nombre de sinistres, non seulement au Québec, mais à l'échelle mondiale, mais ne croit pas qu'il s'agisse là de la seule explication à ces hausses.

Il avance d'autres hypothèses, comme le manque de concurrence entre les compagnies d'assurances. Il en existe certes plusieurs au Canada, mais celles-ci se spécialisent dans certaines régions et certains secteurs d'activités. Il signale également que le coût de la réassurance a augmenté pour les compagnies d'assurances.

Il cite des cas extrêmes, dont une PME du secteur du transport qui a vu sa prime passer de 75 000 $ à 425 000 $ en un an (il ne connaît toutefois pas les données relatives à son dossier).

Ces hausses du coût des assurances ont eu divers effets, dont celui de pousser certaines PME à diminuer leur couverture — en augmentant la franchise, par exemple ou en réduisant la couverture des risques. D'autres PME vont plutôt limiter leur activité économique, explique M. Paradis, en n'embauchant pas une personne, par exemple. «À la marge, pour certaines entreprises», ces hausses du coût des assurances peuvent entraîner «de graves difficultés financières», rapporte-t-il.

Pourtant, la situation serait «moins pire» au Québec que dans les autres provinces canadiennes, où des augmentations de 20 à 30 % auraient été subies, selon M. Paradis.

Devant ces difficultés, le vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Richard Fahey, demande aux gouvernements du Québec et d'Ottawa de se pencher sur la question pour trouver des solutions visant à accroître la concurrence dans ce secteur.