Emergis peut se passer de BCE

Le chef de la direction de BCE Emergis croit que l'entreprise saura voler de ses propres ailes une fois qu'elle n'aura plus le soutien de sa société mère, le conglomérat BCE.

Quelques jours à peine après l'annonce par BCE de la vente de sa participation majoritaire dans sa filiale de commerce électronique, le p.-d.g. d'Emergis, Tony Gaffney, a tenté de rassurer les actionnaires réunis en assemblée annuelle hier. Il a souligné que l'entreprise est en bonne santé financière et qu'elle négocie présentement en vue de l'obtention d'importants contrats. «Nous sommes confiants et croyons avoir ce qu'il faut — les relations, les gens, la bonne santé financière et la stabilité — pour connaître le succès en tant qu'entreprise indépendante», a-t-il dit aux actionnaires.

De plus, il a dit croire que le fait d'élargir la propriété de l'entreprise, plutôt que d'avoir un bloc de 64 % des actions dans les mains d'un seul actionnaire (BCE), permettra de redonner du tonus au titre boursier. L'action d'Emergis à la Bourse de Toronto a clôturé mardi à 5,03 $, en hausse de 8 ¢, bien loin de son sommet historique de 189,50 $ atteint en février 2000. «Cela permettra d'éliminer l'incertitude concernant la position de BCE et il s'agit à mon avis d'une bonne chose», a déclaré M. Gaffney à l'issue de l'assemblée.

BCE vend

BCE vend ses actions d'Emergis pour 355,9 millions à un syndicat de prise ferme ayant à sa tête la Financière Banque Nationale. Le conglomérat montréalais veut ainsi se recentrer sur ses activités principales de téléphonie et aussi profiter d'un dividende spécial de 1,45 $ par action au comptant. Cette cagnotte d'une valeur totale de 150 millions — la part de BCE atteindra 96 millions — sera puisée dans les réserves d'Emergis et provient de la vente des activités américaines de l'entreprise dans le secteur de la santé, l'année dernière. Emergis avait obtenu 285 millions pour ces activités, soit à peu près la moitié de ce qu'elle avait payé au moment de leur acquisition.

Plusieurs actionnaires à l'assemblée ont voulu savoir pourquoi le dividende n'était pas plus important, puisque Emergis disposera encore de liquidités de 270 millions. Un actionnaire, Luigi Liberatore, a dit que le dividende devrait atteindre 3 $ par action. M. Liberatore a dit qu'en excluant les liquidités de quelque 4 $ par action dont dispose Emergis, les marchés boursiers «semblent considérer que l'entreprise ne vaut rien».

Le directeur financier d'Emergis, John Valentini, a souligné hier que l'entreprise avait réduit ses coûts d'exploitation en 2003, les faisant passer de 120 millions par trimestre en début d'exercice à 70 millions. Emergis a néanmoins subi une perte de 97 millions en 2003, alors que ses revenus ont atteint 315,7 millions.