Aéroports de Montréal pourrait remplacer 93 employés par des sous-traitants

<p>Pour les 93 employés visés, cela représenterait une diminution moyenne d’environ 16 000 $ par année de leur rémunération globale.</p>
Photo: Olivier Zuida Le Devoir

Pour les 93 employés visés, cela représenterait une diminution moyenne d’environ 16 000 $ par année de leur rémunération globale.

Près d’une centaine d’employés d’Aéroports de Montréal (ADM) ont été placés devant un choix déchirant tout juste avant les Fêtes, soit d’accepter une réduction de leur rémunération de 28 à 33 % ou de perdre leur emploi au profit d’un sous-traitant.

« C’est un fusil sur la tempe des employés », s’est insurgé le porte-parole de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), David Patry, en entrevue avec La Presse canadienne, jeudi.

L’employeur a utilisé une provision de la convention collective qui lui permet de recevoir des soumissions de sous-traitants pour le travail fait par les syndiqués. En contrepartie, le syndicat peut répliquer avec une offre qui équivaut à celle du sous-traitant.

« Il y a une faille dans la convention collective et ça fait plusieurs années qu’on tente de faire sortir cette clause sur la sous-traitance ; ils y tenaient, mais ils ne l’utilisaient pas », a reconnu M. Patry, notant que l’employeur s’en était servi à une seule reprise pour trois employés de l’informatique.

Selon l’AFPC, l’offre du sous-traitant représente une réduction de dépenses de 1,5 million $ pour l’employeur, chiffre qu’a refusé de confirmer ADM.

Le syndicat se dit convaincu que le sous-traitant peut offrir un tel rabais en raison de conditions salariales inférieures, d’absence de fonds de pension ou de régime d’assurances collectives.

Pour les 93 employés visés — des préposés à l’accueil, du personnel de service à la clientèle et des agents administratifs responsables d’octroyer les accès de sécurité — cela représenterait une diminution moyenne d’environ 16 000 $ par année de leur rémunération globale.

Bien que la convention collective ne viendra pas à échéance avant décembre 2019, la porte-parole d’Aéroports de Montréal, Anne-Sophie Hamel, a qualifié la présentation de soumissions provenant de fournisseurs extérieurs de « processus de négociation avec le syndicat » qui « suit un processus qui est convenu dans la convention collective ».

Mme Hamel a affirmé qu’ADM « souhaite que le syndicat nous fasse une contre-proposition qui va nous permettre de garder ces emplois à l’interne ».

Elle a fait valoir qu’ADM « comme toute autre organisation à but non lucratif qui est autofinancée, est toujours en train de revoir ses façons de faire pour être agile, être compétitif dans le marché ».

Elle a précisé qu’en vertu de la mécanique prévue au contrat de travail, une première contre-proposition du syndicat était attendue le 28 décembre et que les discussions devraient mener à des propositions finales à la fin de janvier et que plusieurs étapes subséquentes étaient prévues avant de passer le flambeau à un fournisseur extérieur, si telle devait être la décision en bout de piste.

« Il n’y aura pas de perte d’emplois à courte échéance si jamais on va avec un fournisseur externe », a-t-elle affirmé, ajoutant que l’employeur « souhaite que le syndicat nous fasse une contre-proposition qui nous permettrait de garder ces emplois à l’interne ».

Une rencontre est prévue vendredi et le syndicat espère convaincre la direction de repousser la discussion à plus tard.

« On leur a demandé de faire preuve de compassion, juste avant les Fêtes, de retirer leur demande et d’en reparler plus tard », a dit M. Patry.

Dans les faits, les emplois visés sont assortis de salaires variant de 17,25 $ de l’heure, pour les employés à temps partiel les moins qualifiés, à 32,54 $ de l’heure au sommet de la hiérarchie pour les postes à responsabilité plus élevée, soit des salaires variant d’environ 35 000 $ à 65 000 $ sur une base annuelle.