Économie verte: les premiers ministres provinciaux sommés de «mettre le pied sur l’accélérateur»

La rencontre des premiers ministres provinciaux sera la première depuis l’élection de François Legault au Québec, de Doug Ford en Ontario et de Blaine Higgs au Nouveau-Brunswick. Le sujet de l’environnement pourrait provoquer des échanges musclés.
Photo: Pierre Lahoud La rencontre des premiers ministres provinciaux sera la première depuis l’élection de François Legault au Québec, de Doug Ford en Ontario et de Blaine Higgs au Nouveau-Brunswick. Le sujet de l’environnement pourrait provoquer des échanges musclés.

Des groupes environnementaux, de la finance et du monde des affaires uniront leurs voix vendredi pour convaincre les premiers ministres provinciaux réunis à Montréal d’accélérer la transition vers une économie verte. Aux nombreux dirigeants récalcitrants, ils feront valoir que l’inaction serait coûteuse pour l’environnement, mais aussi pour l’économie du Canada.

« Le passage vers une économie verte est maintenant inévitable et il faut mettre le pied sur l’accélérateur », lance le directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec et l’Atlantique, Karel Mayrand, qui est aussi le coprésident de l’Alliance SWITCH.

Cette alliance, qui regroupe notamment la Fondation David Suzuki, l’Association de l’aluminium du Canada, le Conseil du patronat du Québec, Cycle Capital Management, Desjardins et Écotech Québec, se joindra à Clean Energy Canada, à l’Institut Pembina et aux fondations McConnel et Trottier pour demander aux premiers ministres de « répondre à la crise climatique » en envoyant « un signal politique clair ».

Si on passe les prochaines années à se servir de l’enjeu de l’environnement pour faire de la polarisation politique, dans quelques années, on va se rendre compte qu’on a manqué le bateau

Bien conscient que les provinces ne s’entendent pas à ce sujet, M. Mayrand veut convaincre les dirigeants en leur présentant des arguments environnementaux, mais aussi économiques. « Si on passe les prochaines années à se servir de l’enjeu de l’environnement pour faire de la polarisation politique, dans quelques années, on va se rendre compte qu’on a manqué le bateau et que d’autres pays dans le monde sont venus occuper les parts de marché de la nouvelle économie que le Canada n’aura pas réussi à occuper », prévient-il.

Ramer à contre-courant

La rencontre des premiers ministres provinciaux sera la première depuis l’élection de François Legault au Québec, de Doug Ford en Ontario et de Blaine Higgs au Nouveau-Brunswick. Le sujet de l’environnement pourrait provoquer des échanges musclés : l’Ontario s’est retiré du marché du carbone auquel participent toujours le Québec et la Californie et il conteste en compagnie de la Saskatchewan la taxe sur le carbone imposée par Ottawa. Le Nouveau-Brunswick a quant à lui annoncé mercredi qu’il lancera sa propre contestation judiciaire de la tarification fédérale du carbone.

L’organisation Global Carbon Project a par ailleurs dévoilé mercredi trois études indiquant que les émissions mondiales de dioxyde de carbone devraient connaître cette année leur plus forte augmentation en sept ans.

Karel Mayrand ne croit pas pour autant que la sortie publique prévue vendredi soit un coup d’épée dans l’eau. Il est important de faire entendre la voix de groupes provenant de différents horizons pour démontrer que l’économie et l’environnement peuvent aller de pair, dit-il.

« Plus on tarde, plus la pente sera difficile à remonter, plus les coûts de l’incertitude économique pour les entreprises vont être importants et plus les occasions de développement économique qu’on devrait avoir saisi vont nous échapper. »