Bombardier veut rassurer les marchés sur l’examen de l’AMF

Le président de Bombardier, Alain Bellemare, a profité jeudi d’une présentation annuelle devant des investisseurs à New York pour faire le point.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le président de Bombardier, Alain Bellemare, a profité jeudi d’une présentation annuelle devant des investisseurs à New York pour faire le point.

La direction de Bombardier souhaite une conclusion « rapide » de l’examen lancé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) au sujet de son Régime d’aliénation de titres automatique (RATA), qui s’est récemment retrouvé sous les projecteurs en raison de la chute du cours de l’action de la société.

Le président de Bombardier, Alain Bellemare, a profité jeudi d’une présentation annuelle devant des investisseurs à New York pour faire le point sur la question tout en essayant de rassurer Wall Street sur les perspectives de la compagnie.

« Certains titres ont été vendus en fonction du programme », a dit M. Bellemare dans le cadre de son introduction, diffusée en direct sur le canal YouTube de Bombardier. « Dans mon cas, ceci représente seulement une petite partie du total des incitatifs à long terme de ma rémunération. »

Les entreprises qui mettent sur pied un RATA le font pour permettre aux dirigeants d’exercer leurs options ou de vendre leurs titres de façon automatique, sans enfreindre la réglementation sur les délits d’initié.

M. Bellemare, arrivé chez Bombardier en 2015 pour piloter un redressement sur cinq ans, a dit qu’il détient « toujours plus de 80 % » de ses incitatifs à long terme. « En moyenne, cela est vrai pour le reste de l’équipe. L’équipe et moi sommes entièrement engagés dans le redressement de la compagnie et son succès à long terme. »

En entrevue au Journal de Montréal au milieu du mois de novembre, M. Bellemare avait refusé de dire combien de titres ont fait l’objet de transactions en vertu du RATA.

« Nous collaborons pleinement avec l’AMF. Nous sommes confiants d’avoir bien fait les choses. Et nous attendons avec impatience une conclusion rapide », a dit M. Bellemare jeudi, qui trouve « normal » que l’AMF procède ainsi « compte tenu des fluctuations du cours de notre action ».

Le plan spécial chez Bombardier a été instauré le 15 août et annoncé par un communiqué de presse. Ce jour-là, l’action avait terminé la séance à 4,64 $ à la Bourse de Toronto. Depuis, son cours a graduellement diminué, notamment le 8 novembre lors de la publication des états financiers du troisième trimestre. Quand l’AMF a annoncé son examen, l’action a perdu 20 %. Jeudi en fin de journée, l’action valait 2,18 $.

« L’AMF confirme qu’elle examine les opérations entourant la mise en place du RATA au mois d’août dernier par Bombardier et les différentes annonces faites depuis », a indiqué le gendarme de l’industrie financière québécoise le mois dernier. « L’Autorité a aussi demandé à Bombardier de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, toute vente de titres en application du RATA et d’en aviser les courtiers exécutants. »

Perspectives

Par ailleurs, Bombardier croit que ses revenus augmenteront d’environ 10 % en 2019, pour atteindre 18 milliards $US, a indiqué sa direction dans ses prévisions publiées tôt en matinée.

La société montréalaise a répété que le cycle des grands investissements est terminé et que commence maintenant « la phase de croissance » compte tenu de nouveaux produits, notamment dans la division des avions d’affaires.

Elle croit aussi que son flux de trésorerie — l’argent qui entre dans les coffres moins l’argent qui en sort — atteindra de 250 à 500 millions $US en 2019, et de 750 millions à 1 milliard $US en 2020. Cet élément du portrait financier est suivi de très près par les investisseurs.