La majorité des investisseurs en copropriétés à Montréal perdent de l’argent

Selon l’analyse de la Société canadienne d’hypothèques et de logement , les propriétaires de 75% des 375 appartements loués examinés présentaient un flux de trésorerie négatif.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon l’analyse de la Société canadienne d’hypothèques et de logement , les propriétaires de 75% des 375 appartements loués examinés présentaient un flux de trésorerie négatif.

La majorité des investisseurs qui ont acheté un logement dans les très grandes tours du centre-ville de Montréal ne récoltent pas suffisamment de loyers pour compenser leurs dépenses d’exploitation, selon une nouvelle étude de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

L’agence estime que les investisseurs qui auraient versé une mise de fonds de 20 % lors de l’achat d’un appartement dans l’une de ces tours dans le but de le louer auraient, dans la majorité des cas, un flux de trésorerie négatif. En d’autres mots, les dépenses d’exploitation (paiement hypothécaire, frais de copropriété, impôt foncier et taxe scolaire) seraient supérieures au loyer perçu.

Selon l’analyse de la SCHL, les propriétaires de 75 % des 375 appartements loués examinés présentaient un flux de trésorerie négatif. En moyenne, les dépenses d’exploitation dépassaient le loyer d’environ 385 $ par mois. La SCHL reconnaît toutefois que « pour une partie de ces copropriétés, les pertes financières ne sont que de nature théorique. En effet, certaines de ces copropriétés ont été achetées comptant, et certaines autres l’ont été avec une mise de fonds beaucoup plus élevée que les 20 % exigés. Dans ces circonstances, il est possible que le loyer perçu permette de couvrir les dépenses liées à la possession de l’unité ».

L’auteur de l’étude, l’économiste Francis Cortellino, explique que « pour certains investisseurs, la copropriété peut être vue comme un actif financier, dont la valeur, espèrent-ils, est susceptible d’augmenter au fil des ans et qui risque d’afficher, malgré les pertes de flux de trésorerie possibles à court ou moyen terme, un rendement positif sur l’investissement au moment de la revente ».

La SCHL a aussi constaté que la proportion d’investisseurs dans les très grandes tours du centre-ville de Montréal (57 %), soit les tours neuves de 300 logements et plus, est plus élevée que dans le reste des immeubles en copropriété du même secteur (environ 30 %).

La proportion de copropriétés revendues rapidement (en un an) est plus élevée dans les très grandes tours du centre-ville de Montréal (7,2 %) que dans le reste des immeubles du même secteur (seulement 1,8 %). Par contre, le pourcentage des transactions effectuées à perte était un peu plus élevé dans ces très grandes tours (environ 15 %) que dans le reste des immeubles du centre-ville de Montréal (5 %).