Le Canada a «très bon espoir» que l’ACEUM sera ratifié

Le constructeur québécois BRP s’attend à devoir investir 10 millions l’année prochaine aux États-Unis en raison de la nouvelle version de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le constructeur québécois BRP s’attend à devoir investir 10 millions l’année prochaine aux États-Unis en raison de la nouvelle version de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a indiqué lundi que le Canada prenait au sérieux les commentaires du président américain, Donald Trump, sur le retrait de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Mais M. Morneau a précisé, lors d’un rassemblement à New York, qu’il ne savait pas quand cela pourrait survenir. En outre, le ministre des Finances a indiqué qu’il avait « très bon espoir » que le nouveau pacte négocié pour remplacer l’ALENA sera ratifié par les trois pays concernés.

M. Morneau a fait ces commentaires lors d’un événement organisé par Politico et le consulat du Canada à New York. Il a estimé qu’il était évident que les législateurs américains en étaient aux premières étapes des négociations en vue de la ratification de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Samedi, Donald Trump a indiqué auxjournalistes qu’il comptait annoncer officiellement son intention de se retirer de l’ALENA. Cela donnerait six mois aux législateurs américains pour approuver l’ACEUM ou ne pas conclure de pacte de libre-échange avec le Canada et le Mexique.

« Nous prenons tout au sérieux », a répondu M. Morneau à la question de savoir s’il considérait les propos du président comme tels. « Nous devrons surveiller la prochaine étape et veiller à ce que nous franchissions cette étape, mais nous avons très bon espoir que cela sera possible. »

« La logique prévaudra »

Pour sa part, le patron du constructeur des motoneiges Ski-Doo, des motomarines Sea-Doo et des roadsters Spyder croit que les politiciens américains ratifieront la nouvelle version de l’accord de libre-échange nord-américain, même si le président Trump a menacé ce week-end de retirer son pays de l’accord continental existant.

Selon Jose Boisjoli, p.-d.g. de BRP, « la logique prévaudra », même si certains élus ont exprimé leur opposition à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.

Revenir aux politiques commerciales antérieures à l’ALENA engendrerait de l’incertitude et aurait des conséquences négatives importantes, en particulier pour le secteur automobile, si l’accord révisé ne devait pas être approuvé, a affirmé lundi M. Boisjoli après avoir sonné la cloche d’ouverture de la Bourse de Toronto.

Le constructeur de véhicules récréatifs québécois célèbre le 15e anniversaire de son essaimage de Bombardier et ses cinq années d’activité en tant qu’entreprise inscrite à la Bourse.

M. Boisjoli se dit satisfait du nouvel accord commercial, même s’il s’attend à devoir investir 10 millions de plus l’année prochaine en raison de l’obligation d’accroître le contenu national des véhicules tout terrain construits aux États-Unis. Selon lui, cette disposition aura un impact minimal sur sa société et sera beaucoup moins dommageable que ne le soupçonnent plusieurs investisseurs.

Dimanche le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé son intention de faire savoir au Congrès qu’il envisageait d’abroger l’ALENA dans le but de faire pression sur les législateurs pour qu’ils approuvent la nouvelle entente entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Un certain nombre de démocrates au Congrès ont indiqué qu’ils avaient des problèmes avec l’ACEUM dans sa forme actuelle.