Les Bourses tremblent

À New York, l’indice Dow Jones est passé sous les 10 000 points pour la première fois depuis décembre dernier, avec une perte de 1,3 %, pour clôturer à 9990,02 points. L’indice torontois S&P/TSX a perdu tous les gains réalisés depuis le débu
Photo: Agence Reuters À New York, l’indice Dow Jones est passé sous les 10 000 points pour la première fois depuis décembre dernier, avec une perte de 1,3 %, pour clôturer à 9990,02 points. L’indice torontois S&P/TSX a perdu tous les gains réalisés depuis le débu

Les marchés boursiers mondiaux ont affiché de fortes pertes hier, alors que les investisseurs redoutent une hausse plus rapide que prévu des taux d'intérêt aux États-Unis et les effets sur la croissance de la flambée actuelle des cours du pétrole.

À New York, l'indice Dow Jones des valeurs vedettes de la Bourse américaine est passé sous les 10 000 points pour la première fois depuis décembre dernier, avec une perte de 1,3 %. Le Dow Jones a perdu 127,32 points, à 9990,02 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq cédait 21,89 points (-1,1 %), à 1896,07 points, renouant avec les niveaux de novembre dernier.

À Toronto, l'indice S&P/TSX a perdu tous les gains réalisés depuis le début de l'année. Il a terminé la séance à 8129,49 points, une baisse de 145,30 points. L'indice n'a jamais été aussi bas depuis la semaine précédant le dernier Noël. La Bourse de croissance a, quant à elle, perdu 48,56 points, à 1566,49.

Le dollar canadien a reculé face à la pression de la devise américaine, perdant 0,41 ¢US, à 71,90 ¢US, son plus bas seuil depuis septembre. Le dollar américain s'est aussi bien comporté face aux autres devises importantes.

Relèvement des taux de la Fed

L'embellie spectaculaire de l'emploi qui a été annoncée vendredi aux États-Unis, et le fait que le baril de brut atteigne le même jour les 40 $US, pour la première fois depuis près de 14 ans, ont fait paniquer les investisseurs qui tablent sur un relèvement des taux de la banque centrale américaine (Fed) dès juin, au lieu d'août.

«Le prix élevé du pétrole et les spéculations sur une possible remontée prochaine des taux d'intérêt aux États-Unis ont pesé sur le marché», a commenté à Francfort un courtier d'une grande banque étrangère. «Le marché est encore aux prises des inquiétudes sur un relèvement des taux d'intérêt», a résumé de son côté Peter Cardillo, stratège de la maison de courtage SW Bach. «Le marché intègre maintenant la possibilité de plusieurs relèvements des taux, de même que les Bourses mondiales», a ajouté M. Cardillo.

Toutefois, le vendeur d'une grande banque européenne à Paris jugeait «très excessive» la correction sur les marchés des actions et avouait ne pas voir «pourquoi le marché s'effondre» alors que les nouvelles sont objectivement «bonnes».

Les marchés n'ont su se rassurer de la déclaration du ministre saoudien du Pétrole, réclamant de l'OPEP une hausse d'au moins 1,5 million de barils la production quotidienne. Le prix du baril a atteint 38,93 $US à New York, lundi. Le maintien du prix du pétrole à un niveau élevé représente une menace sur la croissance économique mondiale et sur les Bourses mondiales, estime le bureau d'études Valquant.

Pour autant, l'absence de nouvelles importantes pourrait empêcher les marchés financiers de se redresser. «Il est difficile d'anticiper des nouvelles dans la semaine à venir susceptible de relancer la Bourse de manière convaincante», a estimé Alexander Paris, stratège de la firme Barrington Research. «Mais à un certain moment, les investisseurs vont devoir commencer à admettre que les solides tendances économiques et des résultats des entreprises qui ont provoqué leurs inquiétudes sur les taux peuvent aussi compenser eux-mêmes une bonne partie de leur impact négatif», a ajouté M. Paris.