La Great-West visée par une demande de syndicalisation

Spécialisée dans l’assurance et l’épargne-retraite, la Great-West est basée à Winnipeg et abrite d’autres noms connus comme la London Life et Canada-Vie.
Photo: John Woods La Presse canadienne Spécialisée dans l’assurance et l’épargne-retraite, la Great-West est basée à Winnipeg et abrite d’autres noms connus comme la London Life et Canada-Vie.

La présence syndicale n’est pas particulièrement répandue dans le secteur financier au Québec, mais elle souhaite s’inviter à la Great-West, des employés de l’entreprise ayant déposé cette semaine une demande d’accréditation auprès du Tribunal administratif du travail.

La requête du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de la Great-West (CSN) indique que l’opération vise les « salariés des services centralisés » de « tous les établissements » de Great-West, une entité du conglomérat de la famille Desmarais dont le siège québécois est situé boulevard Robert-Bourassa, à Montréal.

Spécialisée dans l’assurance et l’épargne-retraite, la Great-West est basée à Winnipeg et abrite d’autres noms connus comme la London Life et Canada-Vie. Ces sociétés financières appartiennent à la Corporation Financière Power, conglomérat financier contrôlé à 65,5 % par la Corporation Power de la famille Desmarais.

Selon une source au sein de la CSN, c’est le personnel de l’assureur qui a contacté la centrale. Les requêtes ne précisent jamais le nombre de travailleurs visés. « Nous allons prendre connaissance de la requête et nous y répondrons dans le respect du Code du travail du Québec », a indiqué la Great-West dans une déclaration écrite. « Indépendamment de l’issue, nous gardons confiance dans notre capacité à maintenir de bonnes relations avec nos employés. »

La Banque Laurentienne, le Mouvement Desjardins et l’assureur SSQ figurent parmi les seules institutions financières québécoises dont les employés sont représentés par des syndicats. Selon l’Autorité des marchés financiers, 150 000 personnes travaillent dans le secteur « finance et assurances », soit 4 % des emplois totaux au Québec. Environ le tiers d’entre eux se trouvent au sein du Mouvement Desjardins.

« C’est l’un des secteurs les plus faiblement syndiqués », a dit en entrevue Paul-André Lapointe, professeur au Département des relations industrielles de l’Université Laval. « Prenons le cas des banques, par exemple. Ce sont de petits établissements et c’est très difficile de syndiquer succursale par succursale. Plus un groupe est petit, plus il peut être facile de le diviser sur une question de syndicalisation. Aussi, il y a dans le secteur bancaire beaucoup d’opposition de la part des employeurs. » De manière générale dans l’ensemble du secteur privé, environ 15 % des cols blancs sont syndiqués, a ajouté M. Lapointe.

Prenons le cas des banques [...] Ce sont de petits établissements et c’est très difficile de syndiquer succursale par succursale [...] Aussi, il y a dans le secteur bancaire beaucoup d’opposition de la part des employeurs.

Selon le Code du travail du Québec, une demande en accréditation est déposée lorsque ses protagonistes estiment avoir l’appui d’une majorité de travailleurs. Après avoir fait parvenir le document à l’employeur, un agent du Tribunal administratif du travail (TAT) doit alors suivre un protocole strict, ce qui copmrend une vérification de la liste des employés de l’employeur, un examen de la conformité de la requête et une confirmation du caractère majoritaire des employés qui ont signé les cartes d’adhésion.

Le cas de la Banque Laurentienne

Pendant ce temps, un nouvel effort visant à faire révoquer l’accréditation syndicale à la Banque Laurentienne a échoué cette semaine, selon un article publié par La Presse jeudi. Selon une décision du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), l’agent du CCRI qui s’est penché sur les déclarations d’appui à la demande de révocation a constaté de nombreuses irrégularités.

« Lors de son enquête, l’agent a découvert que plusieurs employés affirmaient ne pas avoir signé la déclaration qui figurait à leur nom. L’agent a poussé son enquête afin de vérifier les signatures de ces employés et a constaté que les déclarations soumises en preuve au Conseil au soutien de la demande de révocation comportaient des signatures falsifiées », peut-on lire dans la décision du CCRI rendue le 28 novembre.

« La nature et l’étendue des irrégularités décelées ont pour conséquence d’altérer l’ensemble des déclarations confidentielles présentées à l’appui de la demande dans la mesure où le Conseil n’est pas disposé à en accepter la véracité et à s’y fier pour ordonner la tenue d’un scrutin de représentation », poursuit le CCRI, qui a donc rejeté la demande.

Les relations entre la Laurentienne et le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec) sont tendues depuis des années. En septembre, les négociations de renouvellement de convention collective ont été montrées du doigt comme un facteur contribuant à ralentir le plan de transformation de la Banque.