Worldbest ferme ses portes

Une usine de textile de Drummondville appartenant à une société d'État chinoise, Worldbest, a fait savoir vendredi à ses 90 employés qu'elle fermait temporairement ses portes, et ce, une semaine après l'entrée en vigueur de leur premier contrat de travail.

L'usine de fabrication de fil avait été construite il y a quatre ans au coût de 45 millions, dont 15 millions provenaient de subventions gouvernementales. Le projet avait alors été présenté comme le plus important investissement jamais réalisé au Canada par une entreprise chinoise.

Même si la direction a avisé les travailleurs que la fermeture ne serait que temporaire, pour une période de trois à six mois, le représentant syndical se montre peu optimiste.

«Ça fait longtemps que l'entreprise accumule les pertes. Nous avons toujours su qu'elle était maintenue en vie par les capitaux qui provenaient de la Chine parce que celle-ci voulait avoir une porte sur l'Amérique du Nord», a déclaré lundi Gaétan Desnoyers, représentant du Syndicat du vêtement, du textile et autres industries (SVTI), affilié à la FTQ.

«Je ne peux comprendre que des fonctionnaires aient accepté d'injecter 15 millions en subventions dans une usine de fil bas de gamme à Drummondville, a-t-il ajouté. C'était écrit dès le départ que ça ne marcherait pas. Tant mieux si cela a marché pendant quatre ans, et tant mieux pour les travailleurs si effectivement la fermeture n'est que temporaire.»