L’Administration québécoise réduit son retard de rémunération

Sur le plan de la rémunération globale, la situation des employés de l’Administration québécoise s’est améliorée par rapport à 2017, l’écart passant de 8,6% à 6,6%.
Photo: iStock Sur le plan de la rémunération globale, la situation des employés de l’Administration québécoise s’est améliorée par rapport à 2017, l’écart passant de 8,6% à 6,6%.

L’Administration québécoise affiche toujours un retard salarial, mais une rémunération globale équivalente avec le privé. Le fossé persiste toutefois avec les salariés des universités, des sociétés d’État et des autres administrations publiques, quoique la situation se soit améliorée entre 2017 et 2018.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a publié jeudi son édition 2018 sur la rémunération des salariés. Une nouvelle fois on y observe un retard salarial de l’Administration québécoise, qui se chiffre à 13,7 % par rapport à tous les autres salariés québécois, à 10,6 % pour ceux du secteur privé. L’écart est toutefois ramené à 6,6 % au chapitre de la rémunération globale comparativement aux autres salariés québécois, alors que la parité est observée avec le privé.

La présence syndicale exerce une influence. Dans cette comparaison avec les entreprises privées de 200 employés et plus, fonctionnaires et employés des réseaux de l’éducation, de la santé et des services sociaux ne font pas le poids en présence syndicale, avec un retard de 17,7 %, mais affichent une rémunération globale supérieure de 8,4 % par rapport aux employés non syndiqués. C’est aussi le cas lorsque la rémunération est confrontée à celle de l’ensemble des autres salariés québécois, la rémunération globale dans l’Administration québécoise étant supérieure de 7,3 % à celle des non-syndiqués, mais inférieure de 20,8 % à celle des syndiqués.

Les données 2018 de l’ISQ le confirment une nouvelle fois : la fonction publique affiche un retard salarial généralisé. La comparaison devient toutefois plus nuancée lorsqu’on ajoute aux salaires les avantages sociaux et les heures de présence au travail. Sur cette base élargie, le manque à gagner se vérifie surtout par rapport aux autres administrations, municipales (–35,3 %) et fédérale (–16,4 %), aux entreprises publiques (–22,1 %) et aux universités (–16,8 %). L’ISQ souligne, entre autres, que « la semaine régulière de travail dans l’Administration québécoise est plus courte que dans la plupart des secteurs. Toutefois, elle est plus longue que celles dans l’administration municipale et dans le secteur universitaire ». L’agence de statistiques retient également que les débours associés aux avantages sociaux et aux régimes de retraite sont inférieurs dans l’Administration québécoise à ceux des autres administrations, des universités et des entreprises publiques.

Sur le plan de la rémunération globale, la situation des employés de l’Administration québécoise s’est améliorée par rapport à 2017, l’écart passant de 8,6 % à 6,6 %. L’ISQ cite notamment « une santé financière des régimes de retraite plus favorable », l’écart salarial demeurant en définitive stable entre les deux années.

L’agence a étendu sa lecture à la période 2009-2018 pour conclure que la situation salariale des employés de l’Administration publique s’est affaiblie vis-à-vis de tous les secteurs. Mais au chapitre de la rémunération globale, il y a également eu affaiblissement généralisé, sauf par rapport au secteur privé, où elle est demeurée stable.

Rappelons certaines subtilités et limites de cet exercice. Outre les semaines de travail légèrement plus courtes et les heures chômées payées plus élevées dans le public, pensons à la présence, de loin supérieure, des régimes complémentaires de retraite dans la fonction publique, les sociétés d’État, les universités et les administrations municipales et fédérale, avec une proportion plus grande de régimes à prestations déterminées. Sans compter la sécurité d’emploi. Aussi, la comparaison est faussée par l’absence de fonctions comparables dans le privé, notamment pour les infirmières et les enseignants. Et par une comparaison se limitant aux entreprises de 200 employés et plus, une grande majorité des travailleurs dans le privé se retrouvant au sein de PME ou dans le rang des travailleurs autonomes, avec une surreprésentation dans le commerce de détail, la restauration et l’hôtellerie.