Les mises de fonds des acheteurs dépassent le seuil minimal, selon la SCHL

CPA Canada, qui représente la profession comptable, a signalé lundi que la proportion d’emprunteurs montrant une cote de crédit «élevée» a augmenté de façon considérable depuis 2002, passant de 66% à 88%.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne CPA Canada, qui représente la profession comptable, a signalé lundi que la proportion d’emprunteurs montrant une cote de crédit «élevée» a augmenté de façon considérable depuis 2002, passant de 66% à 88%.

Les acheteurs qui souscrivent à la protection de la Société d’hypothèques et de logement (SCHL) pour leur prêt effectuent une mise de fonds de 7,7 % en moyenne (soit 21 250 $), selon l’organisme fédéral, qui prévoit une croissance des prix « plus faible » à court terme.

Selon le plus récent rapport financier de la société de la Couronne, le prix moyen payé par ces acheteurs est de 276 000 $ depuis le début de 2018, et environ le tiers d’entre eux (31 %) choisit une hypothèque à taux variable plutôt que fixe.

La santé du secteur immobilier préoccupe les autorités depuis plusieurs années en raison de la surchauffe dans certains centres, dont Toronto et Vancouver, et plus récemment en raison d’une tendance à la hausse des taux d’intérêt.

Le marché immobilier se refroidit, a cependant indiqué la SCHL dans son rapport financier. « Ensemble, le resserrement des règles hypothécaires, la hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de l’économie devraient entraîner une réduction de la demande de logements et, par conséquent, une croissance plus faible des prix à court terme. »

De manière générale, la mise de fonds minimale exigée est de 5 %. La hausse des prix depuis 15 ans fait en sorte que la période dont un jeune ménage a besoin pour amasser cette somme s’est allongée depuis le début des années 2000, passant d’environ deux ans et demi à quatre ans, selon une récente estimation de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

Crédit solide

Or, les acheteurs protégés par la SCHL « démontrent encore une solide capacité à rembourser leur prêt hypothécaire », a toutefois affirmé la SCHL en publiant ses résultats du troisième trimestre. L’agence financière a dit que ceci se reflète dans « le faible taux global de prêts en souffrance [0,29 %] ».

De plus, le pointage de crédit des acheteurs se situe à 754 (sur une échelle de 300 à 900). Un pointage de 752 surpasse celui de 52 % des gens et tout score supérieur à 760, chez l’agence d’évaluation de crédit Equifax, est considéré comme « excellent », selon les informations disponibles sur le site de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

Cette réalité vient davantage renforcer l’idée selon laquelle le Canada échappera vraisemblablement à des problèmes comme ceux qu’ont vécus les États-Unis lors de la dernière crise financière avec des taux de défaillance records.

CPA Canada, qui représente la profession comptable, a signalé lundi que la proportion d’emprunteurs montrant une cote de crédit « élevée » a augmenté de façon considérable depuis 2002, passant de 66 % à 88 %.

Afin de prévenir une crise ou un atterrissage brutal du marché, les autorités ont instauré plusieurs mesures au fil des ans, dont l’élargissement d’une simulation de crise à l’ensemble des acheteurs qui veulent souscrire à un prêt assuré.

Les états du troisième trimestre dévoilés par la SCHL, mise sur pied en 1946 pour aider les vétérans à se loger, brossent le portrait d’un organisme en très bonne position financière. Les cautionnements assurés atteignent 484 milliards.

En seulement trois mois, la SCHL a réalisé des revenus de 3,8 milliards, cela lui permettant d’enregistrer un bénéfice net de 1,1 milliard. Son actionnaire unique, le gouvernement du Canada, a ainsi reçu un dividende de 4,175 milliards depuis le début de 2018.