Les Québécois sont-ils moins nombreux à préparer leur retraite?

25% des Québécois disent ne pas avoir commencé à préparer leur retraite; une plus grande proportion que les habitants des autres provinces.
Photo: iStock 25% des Québécois disent ne pas avoir commencé à préparer leur retraite; une plus grande proportion que les habitants des autres provinces.

Les Québécois s’occupent-ils un peu moins de préparer leurs vieux jours que leurs concitoyens dans le reste du Canada ? Voilà un scénario que semble indiquer un sondage publié mercredi par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario portant entre autres sur les habitudes d’épargne.

Alors que 25 % des Québécois disent ne pas avoir commencé à préparer leur retraite, le pourcentage est de 21 % dans les Maritimes, de 16 % en Ontario, de 16 % en Colombie-Britannique et de 15 % en Alberta, indique le sondage en ligne d’Innovative Research Group mené cet automne auprès de plus de 2000 personnes.

Par ailleurs, 24 % des répondants québécois affirment qu’un montant est systématiquement prélevé de leur paie ou de leur compte bancaire à des fins d’épargne ou d’investissement, comparativement à 34 % dans les Maritimes, 39 % en Ontario, 42 % en Alberta et 33 % en Colombie-Britannique.

L’échantillon du sondage comprend 467 Québécois. Il ne fournit pas de marge d’erreur.

« Vu qu’on ne connaît pas le pourcentage de francophones qui ont répondu à l’intérieur du Québec et qu’on sait qu’il y a de grosses différences, on ne peut pas vraiment se prononcer sur la taille de la différence qu’ils ont trouvée », a dit Pierre-Carl Michaud, directeur de l’Institut sur la retraite et l’épargne à HEC Montréal. « Mais de façon qualitative, ça ne me surprend pas. »

Le sondage survient quelques mois après une enquête de l’Autorité des marchés financiers du Québec (AMF) auprès des personnes qui s’occupent des finances à l’intérieur des ménages et qui révèle tout de même un intérêt marqué pour la question. Résultat : 48 % des répondants voient la planification de la retraite comme un sujet qui motive « l’acquisition de nouvelles connaissances ». « C’est le sous-indice qui s’est le plus amélioré en matière d’adoption de bons comportements au Québec », a dit le directeur de l’éducation financière de l’AMF, Camille Beaudoin. « C’est au sommet des préoccupations, notamment pour les 18-34 ans et les 35-54 ans. »

Selon l’« Indice Autorité », l’enjeu de la planification de la retraite a terminé au sommet du classement, devançant la gestion du budget, la prévention contre la fraude, les assurances auto et habitation, et les notions de base en placement.

Les changements démographiques et l’espérance de vie plus longue aujourd’hui qu’autrefois ont forcé une réflexion d’urgence chez les gouvernements depuis quelques années, notamment pour s’assurer que la collectivité ne subisse pas les contrecoups d’un niveau de vie insuffisant à la retraite.

Le pilier de base pour la grande majorité des Québécois provient du régime public, c’est-à-dire le Régime des rentes du Québec et la Sécurité de la vieillesse au niveau fédéral. Le gouvernement Couillard a accepté l’an dernier de bonifier le régime public de manière à ce que le taux de remplacement du revenu augmente de 25 % à 33 %.

Dans le cadre d’un document produit en 2016, Retraite Québec avait souligné qu’en 2013, 42 % des personnes qui gagnent moins de 50 000 $ ont mis de côté des fonds pour la retraite « autrement que par des cotisations au RRQ ». Chez ceux qui gagnent 50 000 $ ou plus, le pourcentage grimpe à 89 %.

Investissements

L’enquête de la CVMO a également porté sur l’industrie du cannabis. Si les femmes sont plus nombreuses à refuser d’y investir, 13 % des hommes de 18-34 % y ont placé leur argent, suivis de 7 % des hommes dans la tranche des 35-54 ans.

Quant au montant investi, 52 % des personnes qui ont fait cet investissement ont mis moins de 5000 $, contre 39 % qui ont dépassé ce montant. Une dernière tranche de 9 % a dit qu’elle « ne sait pas ».