Prévisions du Conference Board - Les restrictions dans le secteur public limitent la croissance des provinces

Ottawa — Les politiques d'austérité que doivent adopter les provinces pour atteindre l'équilibre budgétaire ainsi que l'appréciation du dollar canadien, qui freine les exportations, limiteront la croissance économique des provinces, selon le Conference Board.

«Les gouvernements provinciaux du Canada, s'efforçant pour la plupart de retrouver un équilibre budgétaire, adopteront généralement une politique d'austérité au cours des deux prochaines années», a souligné hier le directeur des prévisions économiques au Conference Board, Peter Hall.

«Aussi prévoit-on que les dépenses publiques au titre des biens et des services augmenteront à un rythme inférieur à celui de l'activité économique globale», a-t-il ajouté.

Dans une étude rendue publique hier, le Conference Board souligne également que la valeur élevée du dollar empêchera les exportateurs canadiens de profiter pleinement de la croissance économique «fulgurante» aux États-Unis.

L'Alberta en tête

L'organisme estime néanmoins que l'Alberta parviendra à maintenir une forte croissance, grâce à ses investissements majeurs pour l'exploitation des sables bitumineux. De même, l'Ontario profitera de la vigueur de l'économie américaine et le Québec s'en tirera à bon compte en 2004, grâce à la bonne tenue des secteurs manufacturier et de la construction, même si un ralentissement est prévu pour 2005.

L'Alberta devrait ainsi se classer au premier rang parmi les provinces en 2004, avec une croissance de 3,1 % de son économie, devant le Québec et l'Ontario, qui afficheront des performances de 2,8 %. En 2005, l'Ontario devrait se hisser en tête de peloton, devant l'Alberta, avec un solide 3,5 % de croissance.

«Le boom que vit l'économie américaine fera augmenter la demande pour la plupart des produits fabriqués en Ontario, tandis que les dépenses de consommation seront stimulées par la conjoncture intérieure florissante», précise le Conference Board.

Quant au Québec, sa croissance pour 2005 n'atteindra que 2,7 %, «sous l'effet d'un recul abrupt de l'activité dans le secteur de la construction résidentielle».

En Colombie-Britannique, le rythme de croissance s'accélérera progressivement pour atteindre 2,6 % cette année et 2,9 % en 2005.

Les perspectives économiques sont toutefois beaucoup plus sombres dans les provinces de l'Atlantique. «Après des années de croissance supérieure à la moyenne, la province de Terre-Neuve-et-Labrador est maintenant confrontée à une maigre expansion du PIB réel de 1,4 % cette année, qui sera suivie d'un recul de 0,2 % en 2005», prévoit le Conference Board. L'organisme attribue ce brusque coup de frein à la réduction graduelle de la production des champs pétrolifères d'Hibernia et de Terra Nova, qui a plafonné en 2003, ainsi qu'à la grève des fonctionnaires terre-neuviens.

Au Nouveau-Brunswick, la croissance s'établira à 2,3 % cette année ainsi qu'en 2005. «L'économie ne pourra pas compter autant sur des projets de construction non résidentielle de grande envergure, et l'activité dans le secteur résidentiel est déjà beaucoup plus lente que ce qu'on a pu observer en 2003», précise l'organisme.