Poursuites contre Conrad Black - David Radler réfute à son tour les allégations de Hollinger International

Vancouver — Le plus proche associé de Conrad Black, David Radler, a réfuté à son tour les allégations de la société que les deux hommes ont bâtie, et prévenu qu'il s'opposera à la réclamation augmentée de Hollinger International.

Cette réclamation est «sans fondement» et sera vigoureusement contestée, a fait savoir David Radler dans un communiqué publié hier à Vancouver.

Vendredi, Hollinger International a fait savoir qu'une nouvelle réclamation déposée devant une cour de Chicago, où se trouve le siège social du groupe de presse, porte à 484,5 millions de dollars américains les sommes réclamées, dont 380,6 millions en dommages et 103,9 millions en intérêts antérieurs au jugement.

L'entreprise allègue que les défendeurs ont commis des manoeuvres frauduleuses et demande que le montant des dommages soit triplé, comme le prévoit la loi américaine sur la fraude et la corruption.

En incluant les frais juridiques, le montant total de la réclamation atteint ainsi 1,25 milliard.

Hollinger International accuse notamment M. Black et ses associés de s'être appropriés de façon frauduleuse des fonds appartenant à l'entreprise ainsi que d'avoir transféré certains journaux appartenant au groupe de presse à des prix inférieurs à leur valeur réelle.

«Curieuses omissions»

Mais selon M. Radler, la réclamation de Hollinger contient de «curieuses omissions». La réclamation reconnaît que plusieurs des accusations contre M. Radler ont trait à des transactions qui ont été approuvées par le conseil de Hollinger, mais «ne parvient à impliquer le conseil dans aucune des manoeuvres frauduleuses alléguées», mentionne-t-il dans son communiqué.

Vendredi, Conrad Black avait publiquement répliqué à la dernière initiative de la société, la qualifiant de «journalisme de tabloïd sous des dehors légaux».

Initialement, Hollinger International, qui possède entre autres le London Telegraph, le Chicago Sun-Times et le Jerusalem Post, accusait M. Black et d'autres dirigeants d'avoir reçu des paiements non autorisés de 32 millions de dollars américains de la compagnie.

Depuis, une véritable lutte de pouvoir s'est amorcée au sein de Hollinger International, détenue à 70 % par Hollinger inc., un conglomérat torontois que contrôle M. Black. Ce dernier a dû démissionner de son poste de pdg de la compagnie en novembre, et de celui de président du conseil en janvier. M. Radler a également quitté ses fonctions au sein de la compagnie, et de multiples poursuites ont été déposées devant les tribunaux.