Les postiers de Montréal retournent en grève

<p>Postes Canada a déposé mercredi une offre d’une «durée limitée» pour mettre fin aux grèves tournantes.</p>
Photo: David Afriat Le Devoir

Postes Canada a déposé mercredi une offre d’une «durée limitée» pour mettre fin aux grèves tournantes.

Alors que Postes Canada déposait mercredi une offre « d’une durée limitée » pour mettre fin aux grèves tournantes, les postiers de Montréal sont entrés en grève en soirée, dès 20 h, emboîtant le pas à six autres sections locales, a confirmé au Devoir le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

La société de la Couronne a présenté son offre mercredi, quelques heures après que le géant de la vente en ligne eBay eut demandé au gouvernement fédéral de légiférer pour mettre fin au conflit de travail, afin que les détaillants ne perdent pas de ventes lors du « vendredi fou », dans dix jours, et du « cyber lundi », trois jours plus tard.

Les grèves tournantes ont créé un arriéré d’envois sans précédent dans les centres de tri de Postes Canada.

« On ne savait pas que la lettre venait, sauf qu’on entend de la part de beaucoup de détaillants, de nos clients, qu’ils sont très inquiets par rapport à cette période des Fêtes qui arrive à grands pas. C’est pourquoi il est très important que l’on retourne aux opérations normales, et pourquoi nous avons présenté une offre d’une durée limitée », a expliqué la directrice des communications de Postes Canada, Aurélie Walsh.

Le contrat proposé, d’une valeur d’environ 650 millions de dollars selon Postes Canada, comprend des augmentations salariales de 2 % par année et une prime à la signature allant jusqu’à 1000 dollars par employé. Il contient également de nouvelles dispositions de sécurité d’emploi, notamment pour les facteurs ruraux et suburbains qui ont dénoncé leur précarité, ainsi qu’un fonds de santé et sécurité de 10 millions de dollars.

L’employeur affirme que cette offre est « financièrement possible » à condition d’être adoptée à temps pour la période achalandée des Fêtes. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes a donc jusqu’à samedi pour se prononcer.

Un représentant du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a indiqué plus tôt en journée à La Presse canadienne que le comité de négociation du syndicat examinait les propositions, et qu’il ne ferait pas de commentaire avant la conclusion de cet examen.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué la semaine dernière que son gouvernement examinerait toutes les options pour mettre fin au conflit de travail si les négociations entre Postes Canada et le syndicat ne progressaient pas de manière significative. Un porte-parole de la ministre du Travail, Patty Hajdu, a repris cet avertissement, lundi.

Pendant ce temps, Postes Canada affirme qu’elle accuse un arriéré d’envois sans précédent, en grande partie à cause des grèves dans ses principales installations de tri — Vancouver, mais surtout Toronto. Le centre de tri Gateway, à Mississauga, traite à lui seul environ les deux tiers de tous les colis postés au Canada.

Un porte-parole de la société d’État a soutenu que plus de 260 remorques remplies de colis attendaient mercredi matin d’être déchargées au centre de tri Gateway — et ce nombre devrait augmenter rapidement, selon Postes Canada.

Dans une lettre à M. Trudeau rendue publique mercredi, la responsable des divisions canadienne et latino-américaine d’eBay a estimé que la poursuite des grèves tournantes à Postes Canada entraînerait des pertes considérables pour les petites et moyennes entreprises du pays. Alors que ces entreprises se sont adaptées de leur mieux aux grèves tournantes qui ont débuté le 22 octobre, Andrea Stairs a soutenu que les ajustements apportés par les détaillants jusqu’ici pour éviter des interruptions de livraison ne peuvent pas durer éternellement.

En 2011, le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait mis fin par une loi spéciale à un lockout décrété par Postes Canada deux semaines plus tôt.