La finance canadienne regarde de plus en plus craintivement l’économie mondiale

La dette des ménages reste très élevée et a créé une vulnérabilité dans le système financier.
Photo: iStock La dette des ménages reste très élevée et a créé une vulnérabilité dans le système financier.

Le monde financier canadien s’en fait moins désormais avec les conflits commerciaux, mais plus avec la santé générale de l’économie mondiale, a rapporté la Banque du Canada mercredi.

Un peu moins de 40 % de la quarantaine de dirigeants de banques, de compagnies d’assurance, de fonds de placement et autres organisations financières au Canada sondés par la banque centrale dans le cadre de son enquête semestrielle sur le système financier ont mentionné la détérioration des perspectives de l’économie mondiale comme l’un des trois risques importants que court le pays. Cette proportion constitue une hausse « considérable » par rapport au coup de sonde précédent au printemps, alors que cette mesure était de 25 %.

Réalisée entre le 24 septembre et le 12 octobre, l’enquête d’opinion permet aussi de constater que l’inquiétude devant les perturbations et différends dans le commerce international est, au contraire, en recul, passant d’environ 18 % à un peu plus de 7 %. La conclusion, le 30 septembre, du nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) n’est peut-être pas étrangère à cette baisse, observe la Banque du Canada.

La menace numéro un, aux yeux de ces financiers canadiens, reste toutefois les cyberattaques, aussi bien pour l’ensemble du pays (53 %) que pour leurs propres entreprises (39 %). Concernant justement ses propres intérêts, on s’en fait aussi de plus en plus avec le risque de défaillances des ménages et des entreprises (27 %) et le manque de liquidités dans les marchés (30 %).

La Banque du Canada constate par ailleurs que le relèvement de ses taux d’intérêt et le resserrement des règles hypothécaires ont contribué à freiner le nombre de nouveaux emprunteurs fortement endettés, et donc plus vulnérables aux aléas économiques. La proportion de ceux dont le prêt dépasse 4,5 fois leur revenu annuel est ainsi passée de 20 %, à la fin de 2016, à 6 %, ce printemps.

La dette des ménages reste très élevée et a créé une vulnérabilité dans le système financier, a observé la première sous-gouverneure de la Banque, Carolyn Wilkins, à La Presse canadienne. L’amélioration de la qualité des prêts devrait toutefois donner à l’économie une assise plus solide pour faire face aux évolutions économiques défavorables qui pourraient survenir.