La firme d’effets visuels Pixomondo choisit Montréal

Le studio Pixomondo a remporté trois Emmy Awards en donnant vie aux dragons de la série «Le trône de fer» («Game of Thrones»).
Photo: HBO Le studio Pixomondo a remporté trois Emmy Awards en donnant vie aux dragons de la série «Le trône de fer» («Game of Thrones»).

La firme d’effets visuels Pixomondo, dont le travail a été récompensé aux Oscar et aux Emmy Awards, annoncera mercredi l’ouverture d’un nouveau studio à Montréal au début de l’année 2019. La mise sur pied de ce 8e bureau satellite de la compagnie basée à Los Angeles devrait permettre de créer 180 emplois au cours des trois prochaines années.

Pixomondo, une société qui produit des effets visuels pour des longs métrages, des séries télévisées et des entreprises privées, profitera du passage à son siège social de représentants du gouvernement canadien et d’une délégation montréalaise dirigée par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pour officialiser la création de son nouveau studio montréalais, dont l’emplacement n’a pas encore été déterminé.

Ce studio s’ajoutera aux bureaux de Pixomondo déjà établis à Francfort et Stuttgart en Allemagne, à Pékin et Shanghai en Chine, de même qu’à Toronto et Vancouver.

« Montréal a plein d’atouts, donc pour nous, c’était une décision qui allait de soi », affirme en entrevue la vice-présidente aux opérations internationales de Pixomondo, Sara Mustafa, en évoquant notamment la présence d’une main-d’oeuvre qualifiée et d’un important savoir-faire technologique.

Mme Mustafa précise que les incitatifs fiscaux « compétitifs » offerts aux entreprises comme la sienne ont influencé la décision de la compagnie. Pixomondo devrait pouvoir bénéficier du crédit d’impôt pour services de production cinématographique du gouvernement du Québec, qui rembourse 20 % des frais de production admissibles et 16 % des coûts de main-d’oeuvre liés à la réalisation d’effets spéciaux et d’animation informatique, en plus de ceux offerts par Ottawa.

Centre d’innovation

Comme tous les autres studios de Pixomondo, celui de Montréal servira à produire des effets visuels pour des longs métrages, des séries télévisées ou des jeux vidéo, mais la compagnie veut également en faire « un centre d’innovation spécialisé » où seront développés des projets misant sur la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l’intelligence artificielle.

Sara Mustafa explique que les 180 emplois seront pourvus « en priorité » par des travailleurs québécois, mais que l’entreprise « pourra attirer des talents de l’extérieur si le besoin se fait sentir ».

« Nous aimerions développer des projets locaux, même si la majorité des projets sur lesquels nous travaillons sont associés à Hollywood ou à de grandes productions internationales », ajoute-t-elle.

La firme Pixomondo a contribué à plusieurs productions d’envergure, comme les films The Hunger Games, Rapide et dangereux (Fast and Furious) ou encore L’extraordinaire Spider-Man (The Amazing Spiderman).

Le studio a remporté trois Emmy Awards en donnant vie aux dragons de la série Le trône de fer (Game of Thrones) et un Oscar en réalisant les effets visuels du film Hugo, de Martin Scorsese.

Aquarium numérique

Les projets utilisant la réalité virtuelle et augmentée que l’entreprise compte développer à Montréal pourraient être de la même nature que celui lancé il y a un an en plein coeur de Times Square, à New York. L’exposition National Geographic Encounter : Ocean Odyssey permet aux visiteurs de déambuler dans un aquarium numérique pour découvrir les profondeurs de l’océan.

En établissant son nouveau studio dans la métropole québécoise, Pixomondo se joindra à un écosystème montréalais regroupant près de 40 entreprises d’effets visuels et d’animation. L’an dernier, la valeur des contrats obtenus par les studios québécois d’effets visuels a atteint 262 millions de dollars, soit presque trois fois plus qu’il y a cinq ans.

« Il ne fait aucun doute que l’arrivée de Pixomondo renforcera la position de la grande région de Montréal comme destination de choix auprès des entreprises et des talents stratégiques internationaux », estime le président-directeur général de Montréal International, Hubert Bolduc.