Acton Vale perd 240 emplois

Une usine d'Acton Vale, dont le début des activités remonte à 1928, cessera bientôt de fabriquer des bottes en caoutchouc destinées au grand public condamnant ainsi au chômage pas moins de 240 des 400 travailleurs.

La forte concurrence asiatique a motivé la décision de l'entreprise Acton International, qui poursuivra toutefois la fabrication de bottes en caoutchouc à des fins industrielles, militaires et pour les pompiers. Les 240 travailleurs touchés quitteront leur poste au début du mois d'août. Comme c'est le principe d'ancienneté qui prévaudra, les plus jeunes seront touchés.

Le maire de la municipalité de 5000 habitants, Maurice Coutu, s'attend à un impact important sur l'économie locale. «Il est évident que c'est une mauvaise nouvelle, 240 emplois dans une petite ville c'est beaucoup. On va essayer de minimiser l'impact bien que les miracles ne sont pas possibles», a-t-il commenté.

«Ça fait au moins 80 ans que ça roulait. Au départ sous le nom d'Eastern Rubber. Ces produits arrivent maintenant à pleine porte des pays asiatiques et c'est impossible de faire face à la concurrence», a-t-il ajouté. «La compagnie a confiance que le secteur industriel va prendre de l'expansion», a signalé le maire.

Sur les 240 personnes mises à pied, quelque 200 sont membres d'un syndicat FTQ. La compagnie produit des bottes en caoutchouc sous la marque Igloo notamment.

Le président Luc Beaudry a indiqué que l'employeur avait appris la mauvaise nouvelle aux employés il y a deux jours. La concurrence féroce de la Chine et du Vietnam serait responsable de la tournure des événements. M. Beaudry est d'autant plus consterné que la convention collective ne prévoit aucune prime de séparation. Les salariés touchent de 12 $ à 17 $ l'heure.

Un comité de reclassement sera constitué, mais M. Beaudry «ignore ce qui va sortir de là».

La fabrication de couvre-chaussures par moulage s'est amorcée en 1947 à Acton Vale, situé à l'est de Saint-Hyacinthe, et celle de bottes d'hiver pour l'armée canadienne, en 1974. Action International est la propriété de la compagnie Air Boss of America qui estime avoir englouti 1,6 million l'automne dernier en raison d'un conflit de travail ayant duré deux mois à l'usine d'Acton Vale.

Le secteur de la chaussure, comme celui du textile et des vêtements sont particulièrement secoués ces années-ci. En février dernier, l'usine de la société montréalaise Genfoot à Contrecoeur, qui fabriquait les bottes d'hiver et de pantoufles de marque Kamik, a fermé ses portes faisant ainsi perdre leur gagne-pain à 180 couturières. La fabrication se fait maintenant en Chine. Fondée par William Cook, cette usine de Contrecoeur était en activité depuis 1898.

CookshireTex

La petite municipalité de Cookshire, en Estrie, y a également goûté jeudi, le principal employeur, le fabricant de textile CookshireTex, annonçant la fermeture graduelle et définitive de son usine. Par conséquent, 83 employés sont jetés au chômage. Certains travailleurs comptent même une quarantaine d'années d'ancienneté. La filature, qui fabrique des tissus de lainage, est en activité à Cookshire depuis 61 ans.

Le président de l'usine de lainage, Richard Duval, explique que les trois dernières années auront été fatales à son entreprise. M. Duval affirme que le volume de production de l'usine CookshireTex, une filiale de Les Lainages Victor, est passé de 63 000 à 35 000 livres par semaine entre 2000 et 2003. Les ventes annuelles ont chuté de près de 50 % au cours de la même période.

Richard Duval soutient qu'un vêtement fini produit au Canada coûte 39 % de plus que ceux produits en Chine ou en Inde, où les couturières gagnent entre 20 ¢ et 40 ¢ de l'heure. Il cite aussi l'abolition des barrières tarifaires dans l'industrie du textile, qui entrera en vigueur le 31 décembre prochain. Le syndicat a proposé l'aide du Fond de solidarité FTQ, dit le représentant du syndicat en Estrie, Gaétan Desnoyers. Mais dans le contexte actuel, l'employeur a choisi de fermer ses portes faute de clientèle potentielle.