Le baril de pétrole atteint les 40 $US

New York — Le prix du baril de pétrole a atteint le seuil des 40 $US hier à New York, un nouveau sommet en près de 14 ans, dopé par les craintes d'attentats terroristes au Moyen-Orient et les inquiétudes d'un manque d'essence aux États-Unis.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le prix du baril de brut pour livraison en juin a touché les 40 $US quasi immédiatement après l'ouverture de la séance. Le marché est ensuite retombé et le baril ne gagnait plus que 38 ¢US, à 39,75 $US, pour clôturer à 39,93 $US. Le brut avait touché un plus haut en séance à 39,99 $US le 27 février 2003, un peu moins d'un mois avant le début de la guerre en Irak.

«Les prix élevés de l'énergie que nous voyons aujourd'hui ne sont pas bienvenus et ils ne nous aident pas», a déclaré le secrétaire américain au Trésor, John Snow, sur la chaîne de télévision CNBC. Mais la situation pourrait encore s'aggraver. «Nous nous attendons à ce que le prix du pétrole touche un plafond entre 41 et 43 $US», a affirmé John Kilduff, analyste de la maison de courtage Fimat.

Le plus récent mouvement de hausse «a commencé en janvier quand les stocks américains de brut sont tombés à leur plus bas niveau depuis 30 ans. Au Nigéria, qui est un important fournisseur des États-Unis, la situation vacille entre des périodes de troubles sociaux et de calme. Et le Venezuela a toujours des problèmes», a résumé M. Kilduff.

Nouvelles perturbantes

Plusieurs nouvelles «perturbantes» ont accueilli les opérateurs «deux lundis consécutifs avec des attaques sur l'infrastructure ou le personnel pétrolier», a-t-il ajouté. Une attaque terroriste le 1er mai contre groupe helvético-suédois ABB dans le port pétrolier saoudien de Yanbu avait fait 10 morts dont cinq Occidentaux. Une semaine auparavant, des attentats suicide avaient visé les terminaux du sud de l'Irak, dont celui de Bassora, le plus important du pays, provoquant une coupure de courant qui avait forcé une interruption des exportations. Celles-ci étaient toutefois rétablies le lundi suivant.

«Ce qui est tout particulièrement inquiétant, c'est que l'on pensait avant que l'Arabie Saoudite était un pays sûr, son infrastructure n'avait jamais été considérée comme étant à risque. C'est la perception que la sécurité du pays est menacée qui a poussé les prix à 40 $US», a déclaré John Kilduff. Celui-ci a rappelé que l'Arabie Saoudite est le plus gros producteur mondial avec la plus grande capacité supplémentaire de production.

Le marché est également préoccupé par la situation en Irak où un retour au calme paraît de plus en plus lointain après la révélation des sévices perpétrés par les soldats américains sur des prisonniers irakiens. «Les volontaires pour des actes terroristes font la queue», a estimé M. Gheit. «Cela nous retombe vraiment dessus.»

Mais John Kilduff, de Fimat, s'attend à ce que les cours finissent par retomber. «Les stocks de brut ont largement augmenté et un baril à 40 $US suscitera une réponse de l'OPEP» avec éventuellement une augmentation de la production du cartel avant sa prochaine réunion du 3 juin, ou pour le moins l'annonce d'un relèvement des quotas, selon M. Kilduff.