Bombardier devra informer Québec au sujet des emplois touchés

Une rencontre a eu lieu lundi entre le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon (au centre), l’entreprise et des représentants de l’industrie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une rencontre a eu lieu lundi entre le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon (au centre), l’entreprise et des représentants de l’industrie.

Bombardier va fournir au gouvernement et à l’industrie une liste des corps de métier qui seront touchés par les 2500 abolitions de postes annoncées jeudi dernier, a indiqué lundi matin le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, au terme d’une rencontre au sommet avec l’entreprise et divers employeurs du secteur.

Quatre jours après que Bombardier eut pris tout le monde de court avec son intention de réduire la taille de son effectif, le ministre a rencontré des représentants du secteur aérospatial, du milieu syndical et de l’entreprise pour commencer à tracer des pointillés entre les départs qui auront lieu d’ici 18 mois et les besoins criants que vit l’industrie en matière de main-d’oeuvre.

« On a une industrie qui est en santé, qui est solide, qui a des besoins importants », a dit M. Fitzgibbon lors d’une conférence de presse en compagnie de ses interlocuteurs. Invité à expliquer l’absence remarquée du président de Bombardier, Alain Bellemare, il a dit que l’entreprise avait envoyé deux représentants et que ceux-ci avaient « contribué très activement à la discussion ».

Atténuer l’impact

Parmi les participants à la rencontre se trouvaient des hauts dirigeants de sociétés, telles que Bell Helicopter, CAE et MDA, de même que la présidente d’Aéro Montréal, qui réunit les entreprises de toute l’industrie, et le syndicat des Machinistes.

« Ce n’est pas aujourd’hui un enjeu Bombardier. Je ne veux pas banaliser l’enjeu des employés, mais je suis très confiant de l’engagement des joueurs de l’industrie, et [confiant du fait] qu’on va atténuer complètement l’impact des mises à pied », a dit M. Fitzgibbon.

Le ministre s’est entretenu avec M. Bellemare au cours des derniers jours et les deux ont convenu de se rencontrer en personne prochainement pour parler de l’industrie en général et « éviter des surprises futures », a dit le ministre.

« Bombardier est une multinationale, et M. Bellemare a un agenda qui est très, très, très chargé », a dit le vice-président aux relations externes de l’entreprise, Olivier Marcil, qui était présent.

« Il soutient parfaitement l’initiative qu’on a tenue ici aujourd’hui, a ajouté M. Marcil. Il s’est entretenu avec le ministre Fitzgibbon à plusieurs reprises depuis quelques jours. Il vit au Québec, il est conscient de ce qui se passe. Mais encore une fois, il gère un géant du rail et de l’aviation. »

Au pied de la faillite en 2015 avant l’intervention financière des gouvernements, Bombardier a annoncé jeudi la suppression de 5000 emplois dans le monde, soit 7 % de son personnel, dans les 12 à 18 mois prochains. De ce nombre, 2500 toucheront ses établissements québécois et 500 auront lieu ailleurs au Canada. La compagnie, qui a cédé le programme C Series à Airbus cet été, veut notamment redéployer des ingénieurs aéronautiques vers ses avions d’affaires.

Déficit de personnel

L’industrie aéronautique embauche sans cesse, a indiqué le coordonnateur de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), David Chartrand. « Les écoles sont incapables de fournir », a-t-il dit aux journalistes en se disant encouragé par la rencontre.

Le plus difficile pour les employés de Bombardier, a précisé M. Chartrand, c’est de ne pas savoir si leur emploi est touché ou non, quelques semaines avant Noël. « Il faut envoyer un bon message à la population, pour les gens qui pensent que l’industrie ne va pas bien, parce que c’est faux. Aussi, on a un engagement formel de la part du gouvernement que ce n’est pas un show de boucane. »

Une prochaine étape consistera aussi à essayer de comprendre la suite du programme des avions régionaux CRJ, selon M. Chartrand. « Je n’aimerais tellement pas qu’on arrive devant un fait accompli, si c’est vendu à un employeur qui amène ça ailleurs… Il y a un certain nombre d’emplois liés au CRJ, mais c’est aussi un avion qui compte sur beaucoup de sous-traitants dans les environs. »

Moins inquiète, la présidente d’Aéro Montréal, Suzanne Benoît, a indiqué au Devoir que les contrats d’approvisionnement entre un assembleur et un fournisseur sont des ententes à long terme.

1 commentaire
  • Jean-Luc Malo - Abonné 13 novembre 2018 07 h 30

    Un gouvernement de droite, formé principalement de gens d'affaires

    Tout ce que le Québec demande, c'est donc d'avoir accès à une liste des employés mis à pied.
    Très faible comme requête quand on sait que nous avons tant (trop) subventionné Bombardier.
    Comment s'en étonner quand on connait la représentativé de la CAQ.
    Jean-Luc Malo
    abonné