Marchés boursiers - Wall Street finit en repli après les chiffres de l'emploi

Les marchés d'actions américains ont une nouvelle fois terminé en baisse hier, les investisseurs voyant dans la surprise des bons chiffres de l'emploi mensuel un nouvel argument en faveur d'une remontée très prochaine des taux d'intérêt.

L'indice Dow Jones a fini en repli de 1,2 %, ou 123,92 points, à 10 117,34 points, tandis que l'indice élargi Standard & Poor's 500, qui sert de référence aux gérants de fonds, reculait de 1,4 %, ou 15,30 points, à 1098,69 points et que le composé du Nasdaq cédait 1 %, ou 19,78 points, à 1917,96 points.

Sur la semaine, l'indice Dow Jones a perdu 1,1 %, le S&P 500, 0,8 %, et le Nasdaq composé, 0,1 %.

À la Bourse de Toronto, l'indice S&P/TSX a largué 152,90 points, à 8274,79, ce qui lui laisse un gain de 30,82 points sur la semaine, vestige du bond exceptionnel de 198 points réussi mardi.

Quant au dollar canadien il reculait encore, de 0,31 ¢US, à 72,31 ¢US, le billet vert montrant sa force face aux autres devises et face à l'or, qui abandonnait près de 10 $US, à 378,70 $US; ainsi la livre sterling glissait à nouveau, de 0,88 ¢US, à 1,7865 $US. L'euro a reculé, de 1,86 ¢US, à 1,1892 $US; la monnaie commune de l'UE palissait également face au huard, de 1,84 ¢, à 1,6447 $.

Une vision de tunnel

Pour David Wolf, économiste à la Banque Royale, cette crainte de hausse des taux d'intérêt est symptomatique d'«une vision de tunnel vers la Fed, plus que n'importe quoi d'autre». Il constate un «souci brûlant sur ce que pourra bien être l'évolution des taux, qui relègue au second plan toutes les autres données montrant que la reprise économique a du souffle».

Le mois d'avril a été à nouveau un mois de fortes créations d'emplois aux États-Unis après celui de mars, selon les chiffres publiés par le département du Travail, avec 288 000 créations nettes d'emplois dans le secteur non agricole, soit nettement plus que les 173 000 attendues par Wall Street. En outre, le taux de chômage, qui était de 5,7 % en mars, est tombé à 5,6 % en avril.

«La bonne nouvelle est que l'économie marche vraiment bien, et, avec l'amélioration de l'emploi, on peut dire sans se tromper que les dépenses de consommation et le PIB seront très bons. La mauvaise nouvelle est que les taux d'intérêt sont à la hausse», explique Hugh Johnson, responsable de l'investissement chez Albany.

Le rendement de l'emprunt obligataire de référence à dix ans est fortement monté après la publication de la statistique sur l'emploi, dépassant la barre de 4,75 % pour la première fois depuis juillet 2002.

Par ailleurs, la hausse du prix du pétrole pèse également sur la tendance. «La hausse des prix du pétrole est un grand sujet de préoccupation. Ce n'est pas bon pour la consommation», fait valoir Stephen Massocca, responsable des transactions chez Pacific Growth Equities à San Francisco. «Il y a pour ainsi dire une lutte entre ceux qui pensent que la hausse des taux d'intérêt et des prix des matières premières n'est pas inscrite dans les cours et ceux qui estiment qu'elle l'est», résume Tim Heekin, responsable des transactions chez Thomas Weisel Partners.