Wall Street termine lundi en nette baisse

«Cette volatilité accrue n’est plus l’exception, mais est devenue la norme», a constaté Art Hogan de B. Riley FBR.
Photo: Drew Angerer Getty Images Agence France-Presse «Cette volatilité accrue n’est plus l’exception, mais est devenue la norme», a constaté Art Hogan de B. Riley FBR.

La Bourse de New York a terminé en nette baisse lundi à l’issue d’une séance marquée par des revirements abrupts reflétant l’inquiétude des investisseurs face aux perspectives des entreprises américaines, rattrapées notamment par la guerre commerciale.

L’indice vedette Dow Jones Industrial Average a cédé 1 % à 24 442,92 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a chuté de 1,6 % à 7050,29 points. L’indice élargi S&P 500 a lâché 0,7 % à 2641,25 points.

Ils avaient pourtant tous les trois commencé la séance nettement dans le vert, le marché tentant de rebondir après plusieurs séances difficiles : depuis le début du mois, le Nasdaq a perdu 12,4 %, le S&P 500 9,4 % et le Dow Jones 7,6 %.

« Cette volatilité accrue n’est plus l’exception, mais est devenue la norme », a constaté Art Hogan de B. Riley FBR. « Du point de vue des fondamentaux, les investisseurs s’inquiètent pour les bénéfices des entreprises, ils craignent de voir les tensions commerciales augmenter leurs coûts et donc rogner sur les marges, et ils redoutent l’impact d’un ralentissement de la croissance », a estimé Karl Haeling de LBBW.

Ces inquiétudes ont été ravivées en cours de séance par des informations de l’agence Bloomberg selon lesquelles les États-Unis préparent des sanctions supplémentaires contre la Chine si des discussions prévues en novembre entre le président Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, ne permettent pas d’apaiser les tensions commerciales.

« Dans un marché déjà nerveux, la peur a pris le dessus », a commenté Adam Sarhan de 50 Park Investment. « Les acheteurs ont fui le marché, laissant le contrôle à ceux qui vendent leurs actions », a-t-il estimé. Les investisseurs sont d’autant plus enclins, selon lui, à rester en retrait qu’ils attendent les élections de mi-mandat aux États-Unis, le 6 novembre, pour se positionner en fonction du résultat.

En chiffres

1%
Chute du Dow Jones Industrial Average

1,6%
Chute du Nasdaq

0,7%
Chute du S&P 500

Recul canadien

À Toronto, l’indice composé S&P/TSX a reculé de 166,51 points, soit plus de 1 %, pour clôturer à 14 721,75 points.

Dans leur lecture conjoncturelle, les économistes du Mouvement Desjardins ont relativisé les choses. « Le portrait actuel a de quoi décevoir les investisseurs alors que la plupart des classes d’actif affichent un rendement négatif depuis le début de l’année. À notre avis, la récente correction boursière doit être vue comme un épisode de volatilité assez normal […] et non comme la fin du marché haussier ou l’annonce d’une récession imminente. » Ils ajoutent que la performance économique et les perspectives de croissance demeurent robustes, particulièrement en Amérique du Nord, et favorables aux actions. « La forte progression des profits des entreprises est une assise solide pour les Bourses au Canada et aux États-Unis. »

Avec Le Devoir