La Banque du Canada hausse son taux directeur à 1,75%

La banque rappelle que l’économie canadienne continue de tourner près de son potentiel, et que la composition de la croissance est plus équilibrée.<br />
 
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne La banque rappelle que l’économie canadienne continue de tourner près de son potentiel, et que la composition de la croissance est plus équilibrée.
 

La Banque du Canada a haussé mercredi son taux d’intérêt directeur en évoquant la résilience de l’économie et la disparition d’une importante source d’incertitude avec la conclusion d’un nouvel accord commercial nord-américain. En annonçant sa décision, la banque centrale a également envoyé un signal suggérant qu’elle adopterait une approche plus dynamique en ce qui a trait aux prochaines hausses.

Dans la foulée, le coût des emprunts liés aux taux préférentiels des grandes banques va augmenter. La Banque Royale a été la première à annoncer une hausse d’un quart de point de son taux préférentiel, de 3,7 % à 3,95 %. L’augmentation fera grimper le coût des emprunts liés aux taux préférentiels, comme les hypothèques à taux variable et les marges de crédit hypothécaires.

La banque centrale a relevé son taux directeur d’un quart de point pour la cinquième fois depuis l’été 2017 pour le porter à 1,75 %. Il se trouve maintenant à son plus haut niveau en environ 10 ans. Il s’agissait de la première décision de la Banque du Canada au sujet de sa politique monétaire depuis que le pays s’est entendu avec les États-Unis et le Mexique, plus tôt en octobre, sur un nouveau pacte de libre-échange.

« Le nouvel Accord États-Unis–Mexique–Canada [AEUMC] réduira l’incertitude entourant les politiques commerciales en Amérique du Nord, laquelle a restreint de façon importante la confiance et les investissements des entreprises, a affirmé la banque dans un communiqué. L’économie canadienne continue de tourner près de son potentiel, et la composition de la croissance est plus équilibrée. »

Le retrait de l’obstacle que représentait l’incertitude commerciale a également coïncidé avec un changement notable dans la formulation de la déclaration de mercredi, par rapport aux autres communiqués de presse publiés récemment par la banque. Cette fois, l’institution a omis de qualifier les futures hausses de taux de « graduelles » dans ses explications — un détail qui pourrait laisser croire à certains observateurs que les prochaines hausses viendront plus rapidement que prévu.

La Banque du Canada a indiqué que des augmentations supplémentaires seraient nécessaires pour ramener le taux à une « orientation neutre », afin d’empêcher que l’inflation n’augmente trop au-dessus du point médian de 2 % de sa fourchette cible. L’équipe du gouverneur Stephen Poloz a fixé le taux neutre à entre 2,5 et 3,5 %, de sorte que plusieurs autres augmentations sont probablement à venir.

La Banque du Canada a cependant précisé que la cadence des augmentations continuerait d’être alignée sur la réponse des ménages face aux hausses du coût de l’emprunt, compte tenu de leurs niveaux d’endettement déjà élevés. La banque a noté que les ménages canadiens avaient déjà apporté certains ajustements à leurs dépenses dans la foulée des hausses de taux précédentes et du resserrement des politiques visant le marché du logement, et que la croissance du crédit continuait de se modérer. « Par conséquent, les vulnérabilités des ménages diminuent légèrement à plusieurs égards, quoiqu’elles demeurent élevées », a précisé la banque centrale. La banque s’attend toujours à ce que les dépenses de consommation continuent de croître à un « bon rythme », en grande partie grâce à la « solide » croissance du revenu du travail et à la confiance élevée des consommateurs.