Le cannabis, un marché boursier toujours volatil

Après avoir glissé de 8 % mardi, le producteur gatinois Hexo, plus gros fournisseur de la Société québécoise du cannabis, a de nouveau reculé de 6%, à 7,74$.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Après avoir glissé de 8 % mardi, le producteur gatinois Hexo, plus gros fournisseur de la Société québécoise du cannabis, a de nouveau reculé de 6%, à 7,74$.

Un autre jour, une autre montagne russe. Au moment où les clients faisaient la file devant les succursales et dévalisaient les sites Internet transactionnels, les titres des grands fournisseurs, toujours volatils, ont encaissé mercredi un nouveau recul.

« C’est peut-être un moment important dans l’esprit des gens, en ce sens qu’ils ont fait le point sur leurs actifs », a dit Mark Rosen, un juricomptable qui a cofondé le cabinet torontois Accountability Research.

Après avoir glissé de 8 % mardi, le producteur gatinois Hexo, plus gros fournisseur de la Société québécoise du cannabis, a de nouveau reculé de 6 %, à 7,74 $. Cela dit, le titre a explosé de 300 % depuis un an.

Le groupe Canopy, qui produit en Ontario mais s’est aussi associé aux Serres Bertrand à Mirabel, a perdu plus de 4 % après avoir cédé 4,5 % la veille. L’action de l’entreprise a également eu la faveur des investisseurs depuis un an, période pendant laquelle son cours a augmenté de 430 %.

Le risque

Malgré l’entrée en vigueur de la loi, le secteur est encore risqué, selon M. Rosen. « La valeur boursière est très élevée. Ce que les marchés semblent croire, c’est non seulement une acceptation mondiale plus grande quant à son usage médical, mais aussi quant à son usage récréatif. Si cela ne se réalisait pas, il est là, le risque. »

« On peut se baser sur les profits d’une entreprise pour faire des projections. Dans le cas des titres de cannabis, on ne peut pas regarder la rentabilité passée : il n’y en a pas », prévient Aaron Lanni, gestionnaire de portefeuille chez GPS Medici, un cabinet de la Rive-Sud qui ne détient aucune de ces actions dans ses portefeuilles. « Les évaluations d’aujourd’hui tiennent compte d’une rentabilité future qui va être très, très, très difficile à atteindre. C’est très optimiste. »

À son dernier exercice, Canopy a enregistré un chiffre d’affaires de 78 millions et une perte nette de 54 millions. À environ 15 milliards, sa valeur boursière est la même que celle de Saputo, qui a généré à son dernier exercice des profits de 852 millions. L’assureur Intact, d’une valeur boursière de 14 milliards, a réalisé un bénéfice de 800 millions.