Les perspectives des entreprises demeurent robustes

Les difficultés à trouver du personnel se rencontrent surtout dans les industries de la construction, des transports et des technologies de l’information.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Les difficultés à trouver du personnel se rencontrent surtout dans les industries de la construction, des transports et des technologies de l’information.

Les perspectives des entreprises canadiennes demeurent robustes et le climat d’affaires en général est à des niveaux presque records. Elles sont toutefois plus nombreuses à ressentir les effets de la pénurie de main-d’oeuvre et à avertir qu’elles vont faire assumer la hausse des droits de douane à leurs clients.

L’optimisme domine dans l’enquête d’automne de la Banque du Canada sur les perspectives des entreprises. L’indicateur mesurant le climat d’affaires général est demeuré à des niveaux quasi records, et ce, même si les entrevues auprès des responsables d’une centaine d’entreprises ont été réalisées avant la signature de l’Accord États-Unis Mexique Canada.

« Les répondants sont nombreux à signaler une amélioration des indicateurs des ventes auprès de leur clientèle canadienne et étrangère », lit-on dans l’enquête. Même si le protectionnisme américain demeure une contrainte, le dynamisme de l’économie fait plus que compenser. La plupart des entreprises faisant affaire au sud de la frontière « comptent bénéficier de la demande des ménages et des solides investissements des entreprises aux États-Unis ».

Plusieurs entreprises prévoient de répercuter les hausses des droits de douane sur leurs clients

L’indicateur des intentions d’investissement a également rebondi. En revanche, celles liées à l’embauche ont reculé, mettant un terme aux hausses observées au cours des enquêtes précédentes. « Les gains d’efficacité sont la raison la plus souvent invoquée par les répondants qui envisagent une baisse du nombre d’employés », ajoute l’enquête trimestrielle.

Les pressions sur la capacité de production se font toutefois ressentir. S’ajoute un nombre d’entreprises déclarant une intensification des effets de la pénurie de main-d’oeuvre avoisinant des niveaux records, touchant un sommet des 12 dernières années.

Il faut remonter au troisième trimestre de 2006 pour voir une aussi grande proportion d’entreprises déplorant une telle contrainte de main-d’oeuvre. « Il faut se rendre à l’évidence et reconnaître que l’économie canadienne est désormais au plein emploi », peut-on lire dans un clin d’oeil de la Banque Nationale.

Cette aggravation se manifeste davantage au Québec, ajoute l’enquête. Les difficultés à trouver du personnel se rencontrent surtout dans les industries de la construction, des transports et des technologies de l’information. « Des problèmes structurels comme le vieillissement de la population et de nouvelles préférences dans les choix de carrière en seraient la cause », selon certains répondants.

Pressions inflationnistes

Les pressions inflationnistes devraient donc demeurer très présentes dans la conjoncture économique. Les entreprises estiment que l’augmentation des coûts de main-d’oeuvre, la forte croissance économique et la hausse des droits de douane en sont les principales causes. Elles sont également nombreuses à évoquer l’application des droits de douane, particulièrement sur l’acier et l’aluminium, et à signaler un renchérissement de divers produits de base.

« Les répondants envisagent de hausser leurs prix de façon plus marquée au cours des 12 prochains mois. Plusieurs entreprises prévoient de répercuter les hausses des droits de douane sur leurs clients », peut-on lire.