«Beaucoup de potentiel de croissance» pour Sunwing

La nouvelle directrice générale Québec du Groupe de voyage Sunwing, Lyne Chayer
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La nouvelle directrice générale Québec du Groupe de voyage Sunwing, Lyne Chayer

Le marché québécois des destinations soleil est loin d’être saturé. La nouvelle directrice générale Québec du Groupe de voyage Sunwing apporte sa vision des choses.

Le jour n’est pas venu où le triangle Cuba-République dominicaine-Mexique perdra de sa popularité auprès des voyageurs québécois, mais le besoin de découvrir autre chose, d’autres destinations, est grandissant. « Il reste encore beaucoup de potentiel de croissance, beaucoup de nouvelles destinations à offrir. » Lyne Chayer apporte à Sunwing un « regard de l’extérieur ».

La nouvelle directrice générale Québec du voyagiste intégré a oeuvré pendant une vingtaine d’années dans l’industrie du voyage. De 1990 à 2010, elle a occupé de nombreux postes au sein de Nolitours à l’époque de Nationair, pour devenir directrice générale du grossiste puis vice-présidente marketing chez Transat. Depuis, elle voit le monde du voyage sous l’angle du consommateur. « Lorsqu’on agit de l’intérieur, on voit d’un seul point de vue. Or, tout change : la technologie, la façon de voyager, de planifier, de réserver… » La spécialiste en marketing insiste : « Le modèle traditionnel est appelé à persister et les agences de voyage vont demeurer notre point d’ancrage. Mais un pourcentage plus grand de la population adopte une approche individualiste et veut acheter en direct. »

Le marché se segmente, par groupe d’âge, par façon de faire. « Beaucoup de clients recherchent une prise en charge complète. C’est ce que nous offrons. Mais ils sont plus nombreux à effectuer leur propre recherche en ligne, à dresser leur constat et leur propre diagnostic. À s’en remettre aussi à leur réseau social. Nous devons couvrir tout le spectre, amener une certaine flexibilité des séjours, renforcer cette proximité tant avec le consommateur en direct qu’avec celui faisant appel aux services de l’agence. »

Beaucoup de place à prendre

Groupe de voyage Sunwing compte une douzaine d’années au Québec avec son premier B737 décollant de Montréal vers le Sud le 4 novembre 2006. Aujourd’hui, 14 des 42 appareils composant la flotte du voyagiste sont exploités sous la direction québécoise. Sunwing Québec compte pour plus de 30 % du groupe, occupe le premier rang vers les destinations soleil avec une offre québécoise de quelque 600 000 sièges, dessert six aéroports québécois et abrite plus de 700 employés. Peut-il croître davantage ? « Il y a encore beaucoup de place à prendre, d’autres emplois à créer. Et beaucoup de destinations à développer, vers les Antilles, l’Amérique centrale. Aussi une clientèle à solliciter venant de l’Amérique centrale et du Sud afin d’alimenter notre réseau hôtelier, répond Mme Chayer. Aussi, Sunwing n’est pas encore un gros joueur en Floride et une implantation plus grande peut être espérée dans le segment en ligne. On peut également penser occuper une plus grande place dans le marché des croisières. »

Sunwing a fait le choix de se concentrer sur le Sud et d’éviter le marché outre-Atlantique, hautement encombré et fortement concurrentiel. Le plan d’affaires s’articule également sur la desserte d’aéroports régionaux, Bagotville, Sept-Îles, Val-d’Or et Mont-Joli s’ajoutant à la liste de départs comprenant Montréal et Québec. Un tel déploiement est-il soutenable ? « Selon les chiffres que je vois, oui, ça l’est. Il s’agit, pour Sunwing, d’un point de différenciation important. Comme celui d’étendre notre offre hôtelière dans le haut de gamme, avec la construction d’hôtels cinq étoiles adaptés aux goûts des consommateurs. »

L’arrivée de Lyne Chayer à la tête des opérations de Sunwing au Québec répond à un deuxième objectif, celui d’assurer une relève au sein de la division québécoise. Sam Char, qui peut se concentrer sur ses fonctions de vice-président exécutif, avait besoin de « prendre ses distances du quotidien », de « s’appuyer sur un numéro deux », dit-il. « Nous ne sommes plus une petite compagnie. »