Wall Street chute, Trump s’en prend à la Fed

Selon des résultats définitifs à la clôture mercredi, l’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a cédé 3,2 %, à 25 598,74 points, sa plus mauvaise séance depuis février.
Photo: Richard Drew Associated Press Selon des résultats définitifs à la clôture mercredi, l’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a cédé 3,2 %, à 25 598,74 points, sa plus mauvaise séance depuis février.

« La Fed est tombée sur la tête », estime Trump à propos de la hausse des taux. Le président américain critique une nouvelle fois la Réserve fédérale, estimant qu’elle relève les taux d’intérêt trop rapidement alors que l’inflation aux États-Unis demeure peu élevée, rapporte Reuters.

« J’aime quand les taux d’intérêt sont bas. La Fed fait ce qu’elle juge nécessaire, mais je n’aime pas sa politique actuelle, parce que nous avons une inflation vraiment maîtrisée et que beaucoup de bonnes choses se produisent ici », peut-on lire dans un texte de l’agence Reuters. « Ce qui est aussi très important, de mon point de vue, c’est que les chiffres qu’on sort battent des records. Je ne veux pas qu’on freine ça, même un petit peu, surtout quand il n’y a pas de problème d’inflation. […] Je ne crois [donc] pas qu’il soit nécessaire d’aller aussi vite », a ajouté Donald Trump.

Wall Street venait de fermer une séance éprouvante en très forte baisse mercredi, précipitée dans sa chute par un plongeon des valeurs du secteur technologique dans un contexte de forte hausse des taux d’intérêt.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a cédé 3,2 %, à 25 598,74 points, sa plus mauvaise séance depuis février. Le Nasdaq a perdu 4,1 %, à 7422,05 points, sa pire séance depuis deux ans. L’indice élargi S&P 500 a abandonné 3,3 % à 2785,68 points, sa séance la plus difficile depuis février.

À Toronto, la Bourse a connu mercredi sa pire séance en plus de trois ans. Elle a retraité mercredi pour une quatrième séance de suite. L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a plongé de 336,65 points, ou de 2,1 %, pour terminer la journée à 15 517,40 points, ce qui représentait son plus important déclin en une seule séance depuis septembre 2015. Cette dégringolade a effacé tous les gains cumulés par le TSX depuis la fin avril.

Aux États-Unis, la chute de ces trois indices boursiers a été alimentée par une dégringolade des valeurs technologiques, traditionnel moteur de la hausse des indices, mais particulièrement malmenées depuis une semaine. L’indice regroupant ces valeurs au sein du S&P 500 a ainsi perdu 4,8 % mercredi et s’affiche désormais en baisse de plus de 8 % depuis jeudi dernier.

Cette fuite des investisseurs s’inscrit dans un contexte de fin de la politique très accommodante de la banque centrale américaine, engagée dans un processus de hausse des taux d’intérêt. Ils ont été troublés par des commentaires mercredi dernier du président de la Fed, estimant que la banque centrale était « encore très loin » du taux « neutre » auquel elle aspire, celui qui favorise la croissance sans nourrir de hausse des prix. Une façon de laisser entendre qu’il faut anticiper plusieurs remontées de taux dans les mois à venir.

Depuis, les taux d’emprunt américains, qui évoluent de concert avec les taux de la Banque centrale, ont bondi. Mercredi, le taux sur la dette des États-Unis à 10 ans évoluait vers 3,195 % contre 3,206 % la veille à la clôture, et celui à 30 ans à 3,378 % contre 3,369 % mardi soir.