SNC: pas d’entente avec Ottawa

«Je suis vraiment surpris. Nous estimions être en bonne position pour mettre [les accusations de fraude et de corruption] derrière nous», a déclaré le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Neil Bruce.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Je suis vraiment surpris. Nous estimions être en bonne position pour mettre [les accusations de fraude et de corruption] derrière nous», a déclaré le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Neil Bruce.

Une autre tuile est tombée sur SNC-Lavalin dans le cadre de ses efforts pour rétablir sa réputation, puisque la firme d’ingénierie, qui souhaite faire tomber les accusations criminelles qui pèsent sur elle depuis 2015, se heurte à une porte close du côté d’Ottawa.

Après l’avoir appris la veille, la multinationale établie à Montréal a fait savoir, mercredi, que « pour le moment », le Service des poursuites pénales du Canada (DSPPC) ne l’invitera pas à négocier un accord de réparation — ce qui est maintenant possible grâce à une loi fédérale. Ces ententes prévoient généralement le paiement d’une amende et une série de conditions à respecter en échange d’un abandon des procédures judiciaires.

« Je suis vraiment surpris. Nous estimions être en bonne position pour mettre cela derrière nous », a laissé tomber le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Neil Bruce, qui n’a pas caché son désaccord ainsi que sa déception.

Cette nouvelle a provoqué la dégringolade de l’action à la Bourse de Toronto, qui se négociait à 44,86 $ en fin de séance, en baisse de 6,99 $, ou 13,5 %. Elle plombe également les efforts déployés par M. Bruce — en poste depuis octobre 2015 — pour tenter de tourner la page sur six années tumultueuses ayant miné la compétitivité de la firme par rapport à ses concurrentes à l’échelle internationale. Ce dernier plaidait depuis longtemps pour l’instauration de mécanismes similaires à ceux d’autres pays du G7 permettant aux entreprises de régler les affaires de corruption.

« Le Code criminel définit les critères pour les accords de réparation et le DSPPC a déterminé que les critères n’étaient pas respectés », s’est limitée à commenter dans un courriel une porte-parole du DSPPC, Nathalie Houde.

SNC-Lavalin est visée par des accusations de fraude et de corruption déposées en 2015 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) concernant des gestes qui auraient été posés en Libye. La multinationale, qui dit n’avoir rien à se reprocher, a plaidé non coupable. En vertu d’un accord conclu en 2015 avec Ottawa, la firme d’ingénierie peut néanmoins continuer à soumissionner sur des contrats fédéraux jusqu’à la conclusion des procédures judiciaires.

Sans écarter la possibilité d’en appeler de la décision du DSPPC, M. Bruce demeure ouvert à négocier avec les procureurs fédéraux. Il croit toutefois que le processus judiciaire découlant des accusations déposées par la GRC, qui reprendra le 29 octobre, ira jusqu’au bout.