Le Québec entrepreneurial se porte bien, mais...

L’activité entrepreneuriale émergente des 25-34 ans situe le Québec au troisème rang des économies canadiennes comparables.
Photo: Getty Images L’activité entrepreneuriale émergente des 25-34 ans situe le Québec au troisème rang des économies canadiennes comparables.

L’entrepreneuriat québécois tient bien la comparaison, mais des alarmes sonnent. Les entreprises issues de cette démarche sont plus nombreuses à fermer leurs portes ici qu’ailleurs, et l’entrepreneuriat à temps plein est plus faible.

Le Québec demeure un terreau fertile pour l’entrepreneuriat. Cette formule demeure très valorisée et les intentions entrepreneuriales se situent à 25,6 %, contre 15 % en 2015, loin derrière les autres régions canadiennes. Au-delà des intentions, ils sont nombreux parmi ceux qui envisageaient de démarrer leur entreprise en 2014 à avoir fait le saut. En 2017, « le nombre d’entrepreneurs naissants atteint un sommet des quatre dernières années à 11,3 %, tout comme l’ensemble des entrepreneurs émergents (16,7 %), situant le Québec au deuxième rang des économies comparables, derrière l’Estonie et les autres régions canadiennes qui sont ex aequo au premier rang à 19,4 % ».

 
19,6%
La proportion des nouveaux entrepreneurs québécois qui se consacrent entièrement à leur projet d’affaires

Cette conclusion vient du rapport 2017 du Global Entrepreneurship Monitor, institut de recherche sur les PME (Canada), coiffé du titre Situation de l’activité entrepreneuriale québécoise. Les auteurs, Étienne St-Jean et Marc Duhamel, professeurs à l’Université du Québec à Trois-Rivières, font également ressortir que le désir de démarrer une entreprise est plus accentué chez les jeunes. « L’activité entrepreneuriale émergente des 18-24 ans situe le Québec au deuxième rang des économies comparables tandis que celle des 25-34 ans le situe au troisième rang. On constate aussi un rebondissement de l’activité entrepreneuriale émergente des 35-44 ans, mais toujours un retard au niveau des seniors (55-64 ans). »

Cela dit, le rapport de quelque 75 pages avec les annexes souligne que les secteurs traditionnels restent dominants dans le choix des occasions d’affaires. Les Québécois sont parmi les plus innovateurs et sont davantage portés vers l’international, mais la sphère d’activité choisie est plutôt à faible teneur technologique, ce qui les place dans le peloton de queue, au 18e rang, à ce chapitre.

11,3%
Le pourcentage d’entrepreneurs «naissants» au Québec en 2017

Et il soulève deux grandes inquiétudes. « La proportion des sorties entrepreneuriales dont l’entreprise ferme définitivement ses portes a considérablement augmenté cette année », plaçant le Québec au premier rang parmi les économies comparables, à 4,8 %, comparativement à 2,8 % dans les autres régions canadiennes. En revanche, les cédants trouvent davantage de repreneurs ici, seuls les Émirats arabes faisant mieux. « Selon une compilation spéciale des données des trois dernières années, approximativement une entreprise sur quatre au Québec est le résultat du repreneuriat. Une proportion similaire à celle que l’on retrouve dans les autres régions canadiennes. »

Deuxième signal d’alarme : l’entrepreneuriat hybride est beaucoup plus élevé ici. On pense à ces personnes lançant leur entreprise tout en conservant un emploi en tant que salarié. « Chez les nouveaux entrepreneurs du Québec, seulement 19,6 % vont se consacrer entièrement à leur projet d’affaires alors que cette proportion est de 35,6 % dans le reste du Canada » et à 61,2 % dans les pays dont l’économie est tirée par l’innovation. Le constat est similaire pour les entrepreneurs établis, où seulement 35 % des personnes se consacrent à temps plein à leur projet comparativement à 57,9 % dans le reste du Canada et à 71,6 %, en moyenne, dans les pays comparables.